Association des Amis de La  Bourbillière

bourbilliere.riverains@gmail.com  

                                                                   

PALAISEAU EN PÉRIL

L'Association des Amis de la Bourbillière s'est constituée en juillet 2019 pour empêcher la réalisation de tout projet immobilier de nature à mettre en péril l'intégrité du quartier de La Bourbillière, situé dans le vieux Palaiseau. Elle s'oppose notamment à la construction d'un nouveau conservatoire  de musique dans les locaux de l'ancienne école Jules Ferry. Le choix de ce lieu arrêté de façon arbitraire par l'équipe municipale de Grégoire de Lasteyrie nous paraît ressortir à des motivations clientélistes beaucoup plus qu'à la recherche du bien commun. Nous expliquons pourquoi sur ce site. Les réactions épidermiques de l'équipe municipale aux actions de sensibilisation de l'opinion que nous avons entreprises pour empêcher que le "Conservatoire à Rayonnement Intercommunal" ne soit construit en ce lieu inadapté nous ont par ailleurs fait prendre conscience des dysfonctionnements structurels de l'autorité municipale. Ils congruent certes avec l'esprit du temps, lequel procède d'une logique du déracinement et du mépris des gens qui, habitant un lieu, sont attachés à son histoire, à son écosystème et à son patrimoine. Nous alerterons donc l'opinion de l'existence d'autres projets municipaux dont nous aurions connaissance, dès lors qu'ils sont susceptibles de mettre en péril le bien commun des Palaisiens.



SIGNEZ LA PETITION EN CLIQUANT SUR CE LIEN :

https://www.petitions24.net/patrimoine_palaisien_en_peril_defendez_le_quartier_de_la_bourbilliere



LES BUTS DE L'ASSOCIATION

L'Association a pour but la protection du quartier de La Bourbillière contre tout ce qui est susceptible de nuire au bien commun, et plus spécifiquement contre les projets urbanistiques émanant de l’autorité publique ou d’initiatives privées qui sont susceptibles d’attenter : à son patrimoine matériel (le bâti, le sous-sol) ; à son patrimoine immatériel (notamment sa toponymie, sa mémoire, ses usages communs) ; à son équilibre environnemental (notamment climatique, végétal et hydrographique) ; à la vie du quartier qu’obéreraient notamment une circulation automobile intensifiée et un stationnement accru à l'une des portes d'entrée de la ville de Palaiseau (avenue de Stalingrad), déjà considérablement encombrée. Pour ce faire, elle entreprend toute démarche utile et légale auprès de la Justice, des autorités publiques et des instances médiatiques pour faire connaître les dangers que font peser lesdits projets sur l’intégrité du quartier de La Bourbillière mais aussi pour en empêcher la réalisation.


LEÇON DE DECOMPOSITION PALAISIENNE

 BON DE COMMANDE 

DU RECUEIL DES TEXTES DE L'AALB

Amis de la Bourbillière, signataires de notre pétition, lecteurs ou électeurs, habitant Palaiseau ou ailleurs, citoyens de France comme de Navarre …

Depuis la création de notre association, notre combat contre l’implantation du nouveau conservatoire de musique sur le site de l’ancienne école Jules Ferry nous a conduit à diffuser une trentaine de communiqués de presse qui démontrent l’absurdité de ce projet, mais aussi l’incohérence et la brutalité des réactions du Maire de Palaiseau face aux arguments rationnels qu’il s’est vu opposer.

Un certain nombre de lecteurs ont apprécié ces textes, et c’est à leur demande que nous avons décidé de les réunir en un petit livre. Sa vocation est triple : témoin de notre combat, il relate les péripéties du quartier de la Bourbillière confronté à l’arbitraire municipal ; rédigé dans la tradition pamphlétaire française, il manie rire et dérision pour le plaisir d’une lecture récréative ; vendu à prix semi-libre, il permettra nous l’espérons de financer une partie des frais d’avocat de notre association.

Afin d’évaluer au plus près le nombre d’exemplaires à imprimer, nous ouvrons les commandes à l’avance. C’est d’ailleurs le moment de penser à garnir votre bibliothèque personnelle, et pourquoi pas celle de vos proches, alors que s’annonce le temps des festivités de fin d’année : après la fête des morts, durant laquelle il faudra bien saluer les mânes des 13 tilleuls tronçonnés par le Maire de Palaiseau, viendra en effet le solstice d’hiver, puis la noël et les retrouvailles familiales, tandis que la nuit cédera progressivement du terrain au jour, dans l’attente du printemps.

Le livre est vendu au prix coûtant de 10 euros mais vous pouvez choisir de nous aider en versant une somme supérieure à ce prix. Il peut vous être envoyé par la poste en y ajoutant les frais de port.

Leçon de décomposition palaisienne. Écrits contre le projet de construction d’un nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal sur le site de l’ancienne école Jules Ferry. Livre broché, 15 x 21 cm, 126 p.

10 € minimum + frais de port (1 ex. = 5 € ; 2 ex. = 8 € ; 3 ex. = 10 € ; 4 à 15 ex. = 12 €).

Nom et prénom : _____________________________________________________________________________

Adresse : _____________________________________________________________________________

Nombre d’exemplaires : _________ Frais de port : ___________ Total ___________________________

Les commandes sont à adresser

- par courrier accompagné du chèque correspondant à : Association des Amis de La Bourbillière, 7 rue de l’abbé Lambert, 91120 Palaiseau.

- par courriel (recueil.aalb@gmail.com) accompagné d’un virement bancaire : en écrivant le détail de votre commande dans votre courriel (nom et adresse de livraison, nombre de livres, montant du virement effectué) et en nous faisant parvenir le virement correspondant sur le compte ci-dessous (sans oublier de bien préciser votre nom dans le libellé du virement) :

COMMUNIQUÉ n° 28 – jeudi 9 juillet 2020

DOUBLE PEINE POUR LES PALAISIENS : LE GRAND PARIS À MARCHE FORCÉE

Hier, le Maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE a finalement été élu Président de la Communauté Paris-Saclay (CPS) après quelques jours d’intense suspens. Les 39 élus communautaires qui ont voté GDL n’ont remporté la mise qu’in extremis : 36 élus avaient en effet choisi de lui barrer la route en votant Nicolas SAMSOEN. Les analyses du résultat vont déjà bon train ici et là pour tâcher de savoir lesquels des élus ont permis la victoire lasteyrienne, soit la pire des configurations possibles pour les Palaisiens inquiets de la destruction du vieux Palaiseau et du remplacement de population que GDL met insidieusement en place à grands coups de rehaussement du prix du foncier, mais aussi peut-être, on y reviendra, pour les habitants des 27 communes de la CPS.

Le point sur lequel tout le monde s’accorde au vu de l’arithmétique des « couleurs » politiques affichées par chacun des élus communautaires, c’est qu’une part conséquente de « la gauche » a nécessairement soutenu GDL, se partageant ainsi la responsabilité de la victoire lasteyrienne avec les deux votants « blanc » qui se sont réfugiés dans un « ni GDL ni SAMSOEN » évidemment favorable à GDL. L’analyse du bulletin « nul » est la plus délicate : un maladroit ? Un malin n’assumant pas le vote blanc biffant son bulletin pour ne pas être accusé d’avoir fait le choix du pire en ne barrant pas la route à GDL ? Nous y verrons plus clair dans les jours qui viennent, mais d’ores-et-déjà quelques enseignements peuvent être tirés de ce scrutin.

Le premier enseignement concerne tous les Palaisiens qui, nombreux et ulcérés par les agissements de leur maire, se sont opposés et continuent de s’opposer à l’implantation du nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal (C.R.I.) sur le site de l’ancienne école Jules Ferry, faite en dépit du bon sens. La ligne de défense de GDL encore exprimée dans le dernier Palaiseau mag’ n°247 de juillet-août 2020 a toujours été de nier les arguments raisonnables et rationnels qu’on lui opposait, ou mieux encore de ne pas y répondre pour les rendre invisibles tout en les rabaissant à la défense d’intérêts partisans, les accusant même de « posture politicienne ». Comme GDL incarne ou prétend incarner « la droite » palaisienne, il visait là ceux qui, parmi les opposants au projet du C.R.I., incarnent ou prétendent incarner « la gauche ». Mais, preuve par l’élection à la présidence de la CPS, on peut avoir des « valeurs de gauches » et soutenir la politique municipale et intercommunale de GDL. Exit donc l’argument de la lutte partisane, dont les élus de la CPS ont démontré l’inanité bulletin de vote en mains.

Le second enseignement est beaucoup plus général et relève des mutations de la vie politique française à l’échelon national et de leurs éventuelles manifestations à l’échelon municipal. Les études sont nombreuses qui montrent que le vieux clivage gauche / droite devient inopérant. Signe des temps, l’actuel Président de la République n’est lui-même ni de gauche ni de droite, bien au contraire. Géométrie de l’espace mise à part, il est fondamentalement libéral et mondialiste, idéologies qui sont aussi bien défendues à la gauche qu’à la droite des appareils politiques représentés à l’Assemblée nationale. À son petit niveau, GDL procède fondamentalement du même mouvement qui a porté Emmanuel MACRON aux plus hautes fonctions : celui qui oppose les tenants de la mondialisation heureuse à ceux qui en subissent les conséquences économiques et sociales soit la France des métropoles contre la France périphérique[1]. Raison pour laquelle des gens se réclamant des « valeurs de la gauche » comme ceux qui se réclament des « valeurs de la droite » peuvent soutenir de conserve un GDL, même si ce n’est pas forcément pour les mêmes raisons.

Le troisième enseignement de ce scrutin est d’ordre prospectif. Alors que le Grand Paris s’amorce, les élus de la CPS viennent d’élire à leur tête un parisien de la France d’en haut inséré dans de nombreux réseaux politico-financiers qui était de loin le meilleur candidat possible pour accélérer la mise en place de ce grand chambardement qui dénaturera la région en profondeur. Si ce choix qui restera dans les annales de l’histoire locale comme celui des bétonneurs « de gauche comme de droite » est à cet égard d’une parfaite cohérence, il s’assied néanmoins sur un paradoxe qu’ils n’ont sans doute pas bien mesuré : avec le Grand Paris, c’est une double promesse de déracinement qui est faite aux citoyens de la CPS comme à leurs élus. Aux citoyens lambda, on promet une nouvelle bétonisation par le truchement de programmes de « transition écologiques », qui seront le faux-nez d’une vague de densification urbaine inédite (avec pistes cyclables et toits végétalisés pour ‘compenser’ les centaines de milliers de tonnes de béton gagnées sur les terres agraires et les milliers d’arbres décanillés) ; aux élites locales, on promet d’être remplacées par des équipes parisiennes qui intègrent déjà les structures administratives et politiques municipales. Déracinées et désincarnées, elles n’auront que faire du patrimoine de vieilles cités dans lesquelles elles n’ont aucune attache et aucun souvenir.

La double peine, les Palaisiens la subiront très vite, mais les habitants de la CPS ne tarderont pas non plus à en ressentir, eux aussi, les effets dévastateurs.                                                                                       


COMMUNIQUÉ n° 27 – mercredi 8 juillet 2020

What’s a fugazi ?

Grégoire de LASTEYRIE

fait campagne pour la présidence de la Communauté Paris-Saclay (2)


Qui n’a pas tendu l’oreille en écoutant Jonny Deep, lorsqu’il incarnait l’agent du F.B.I. Donnie Brasco[1] : infiltré au sein de la mafia italo-américaine, il assenait au mafieux Lefty joué par Al Pacino en parlant du faux diamant que ce dernier tentait de lui refourguer : « that’s a fugazi ». Et de préciser en anglais standard « it’s a fake », « c’est un faux ! ». Le dialecte italo-américain n’est pas courant à Palaiseau mais la cité possède toutefois un beau fugazi. C’est à peu de chose près ce qu’un nombre croissant de Palaisiens doivent penser de leur maire, Grégoire de LASTEYRIE.

Que constatent-ils en effet ? LASTEYRIE leur a été présenté comme un rêve scintillant pour électeur déboussolé par la « vieille » politique : une particule nobiliaire comme gage de distinction dans un univers de vulgarité, un jeune maire à l’écoute et proche des attentes de ses administrés là où règne souvent une pesante verticalité, un volontarisme dynamique exondant un à un les problèmes de la cité d’un puits d’inertie léthargique, agrémenté d’un sens de l’équilibre circonspect entre un conservatisme de bon aloi et un esprit d’ouverture toujours à l’affût des dernières modernités, technologiques notamment.

Mais dans ce monde renversé qui est le nôtre où le vrai n’est qu’un moment du faux, le quotidien des Palaisiens est aux antipodes. L’héritier de la vieille noblesse française s’est révélé sans esprit de noblesse et foule aux pieds quotidiennement les valeurs de ses ancêtres. S’il ne cesse de parler à ses administrés en un babillage permanent, dans ses discours, dans son magazine mensuel, sur son compte facebook et depuis le confinement à travers sa lettre électronique hebdomadaire, ce n’est que pour leur répéter sur tous les tons qu’il est présent tout le temps pour agir beaucoup, vite et bien ; mais dans les faits il n’écoute jamais les doléances ni les arguments qu’on lui oppose et ses collaborateurs se plaignent de son caractère autocrate qui ne suscite pas tant l’adhésion qu’il ne distille la peur. Son dynamisme, purement foncier, s’apparente à de l’activisme forcené : GDL vit par et pour la tractopelle et l’investissement dans le BTP si bien que des agences immobilières s’abattent par dizaines sur la ville comme des nuages de sauterelles affamées, à l’affût de la moindre parcelle à préempter pour construire les cases à lapin améliorées des futurs cadres du Grand Paris. Pour les Palaisiens attachés à leur terre ainsi qu’à leur patrimoine, le « conservatisme » de GDL s’apparente ainsi à une opération proprement révolutionnaire : exit les gens du cru, raus les vieilles pierres, et bonjour à la mélodie du bonheur enregistrée dans les studios du nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal érigé sur les ruines d’un quartier historique pré-révolutionnaire contre l’avis des riverains, contre l’intérêt des usagers du futur conservatoire, contre le bon sens urbain, contre la raison hydrographique et contre l’urgence écologique.

Il apparaît alors d’une rigoureuse logique qu’« Agir ensemble »[2] soit le credo de la campagne de GDL pour son élection à la présidence de la CPS. Car s’il est bien une chose dont les Palaisiens savent pertinemment qu’elle lui est rigoureusement impossible, c’est bien d’agir « ensemble », en concertation avec qui que ce soit qui, n’étant en position de pouvoir politique ou économique, lui opposerait des arguments rationnels indiquant qu’il fait fausse route. Les usagers du Foyer Drouillette, les riverains du Parc Chabrol, ceux du quartier de La Bourbillière, de l’îlot Tronchet, de l’îlot Ferrié, et de la future mosquée de Palaiseau peuvent en témoigner tout particulièrement.

Dans notre monde renversé, un homme en responsabilité vivant à ce point dans le faux qu’il n’habite pas même, au sens plein du terme habiter[3], la ville qu’il représente, est-il un faussaire ? Légitime question si l’on veut bien considérer qu’il contribue à fabriquer la réalité factice qui nous entoure. Certains spécialistes répugnent toutefois à ce terme propre à l’ancien monde et préfèrent désormais parler de « sincérités successives ». Ce qui nous amène à nous interroger sur sa prochaine insincérité, en pensant philosophiquement : what next ?


COMMUNIQUÉ n° 26 – mardi 7 juillet 2020

BLUES VERDÂTRE OU 

VERROUILLAGE ÉLECTORAL CARABINÉ ?

Grégoire de LASTEYRIE fait campagne pour la présidence de la Communauté Paris-Saclay


Demain, mercredi 8 juillet, en début de soirée, les élus de la Communauté de Paris-Saclay (CPS) voteront pour l’élection à la présidence de cette agglomération de 27 communes à laquelle appartient Palaiseau. Samedi 4 juillet, Grégoire de LASTEYRIE a fait acte de candidature à cette présidence qui permettrait à l’édile parisien de régner sur une partie du Grand Paris. Mais GDL veut-il réellement être élu ? Telle sera notre interrogation du jour.

Rappelons d’abord les circonstances générales de cette élection. GDL se présente contre le maire de Massy, Nicolas SAMSOEN. SAMSOEN porte les couleurs de l’Union des Démocrates Indépendants, « le centre droit » de Jean-Louis Borloo, macron-compatible. Grégoire de LASTEYRIE est de son côté affilié au groupe « Les républicains et Indépendants » de la région Île-de-France, dirigée par Valérie Pécresse, également macron-compatible. Dans les deux cas, ils représentent une fraction majoritaire de « la droite » locale. Compte tenu du rapport de force interne aux élus de la CPS au sein desquels « la gauche » est minoritaire, « la droite » va décider pour une large part de l’issue du scrutin, même si « la gauche » peut choisir de faire barrage à celui qu’elle considère comme le plus nuisible des deux. Savoir, à cette échelle électorale, sur la base de quelles raisons se fera le choix des élus est affaire complexe à laquelle nous ne saurions apporter de lumière particulière : convictions personnelles, postures ou impostures idéologiques, savants calculs d’appareil, promesses d’appui de chacun des candidats aux maires de telle ou telle commune, psychologie et alchimie relationnelles… le monde est divers, les élus nombreux et longue la liste des contingences qui feront l’élection de mercredi. Comme le dit un proverbe oriental, ceux qui savent savent, mais ceux qui ne savent pas ne peuvent pas savoir (comme quoi l’Orient n’est pas si compliqué…).

Le simple citoyen peut cependant raisonner à partir des professions de foi des candidats, qui circulent ici et là[1]. Sur la base de ces petits textes, une étrange anomalie saute aux yeux. Quand on la compare à celle de SAMSOEN, la copie de GDL paraît singulièrement médiocre : GDL traîne la plume pour accoucher de 3 malheureuses pages, rédigées avec ses pieds, confond même « problématique » et « problème », une tare journalistique désormais monnaie courante, et distribue ses mots-clefs recyclés de précédentes harangues sans conviction aucune. La copie de SAMSOEN est autrement structurée, mieux troussée, plus substantielle aussi puisqu’elle fait le double de pages, et se trouve même joliment présentée. Quand GDL monte péniblement à 6/20, SAMSOEN s’assure un petit 14/20 sans trop d’effort. Entendons-nous bien : on ne se prononce pas sur la véracité ni l’exactitude du propos, moins encore sur l’intention et l’honnêteté qui la portent. Plus précisément : côté Palaiseau, on sait qu’elles ne sont pas au rendez-vous ; côté Massy, nous n’en savons rien. Pour le reste, force est de constater : désinvolture et négligence d’un côté, application et implication de l’autre.

On voit tout de suite s’avancer les explications simplistes : SAMSOEN est passé par l’École Normale Supérieure, GDL sort d’HEC, le premier sait écrire, le second en est réduit à s’appuyer sur des communicants mal formés pour écrire à sa place. L’argument nous paraît court, et nous avons cherché à complexifier le scénario. Deux hypothèses, selon nous, se dégagent.

- Première hypothèse, GDL part vaincu. Le spectre des 13 tilleuls qu’il fit sauvagement abattre dans la cour de l’ancienne école Jules Ferry vendredi 12 juin dernier hante les nuits de Lasteyrie, qui sont moins belles que nos jours : un blues verdâtre l’a saisi au plus fort de la bataille, et c’est à reculons qu’il chausse les gants pour se faire cueillir sur le ring à la première reprise.

- Deuxième hypothèse, GDL a déjà tout verrouillé. En « réseautant » comme un forcené, il a verrouillé l’appareil en amont de l’élection ; lors, imbu de sa personne, sûr de lui au-delà de l’imaginable, il envoie cette lettre indigente aux élus en se contrefichant de l’effet qu’elle aura comme de sa dernière chaussette car l’important n’est pas là. La politique, la vraie, c’est le coup de téléphone, la réseautique élitaire et le donnant-donnant. Le reste, c’est du bavardage.

En marge de cette binarité un rien abrupte, on pourrait toutefois imaginer un tiers scénario : ni blues, ni verrouillage, GDL jongle, affolé, entre les rumeurs et contre-rumeurs de remaniement ministériel. On lui avait dit « tu en seras » ! Il a donc lâché la préparation de son élection à la CPS et puis « patatras », il sait qu’il ne sera pas ministre mais espère encore devenir secrétaire d’État ; il faut réseauter de plus belle, re-téléphoner, re-visio-conférencer, se redéplacer, tout en rédigeant en catastrophe son pensum pour la CPS au cas où rien ne viendrait ; et puis c’est l’incident ! Son nègre est tombé dans un cluster COVIDien, intubé, et ne peut plus rédiger. GDL se retrouve seul face à sa feuille blanche… et le cauchemar commence…


[1]Nicolas Samsoen, « Paris-Saclay : un projet collectif », juillet 2020, 6 p. ; Grégoire de Lasteyrie, « Agglo Paris-Saclay, agir ensemble », 4 juillet 2020, 3 p.

COMMUNIQUÉ n° 25 – lundi 6 juillet 2020

Y’a plus de civisme, y’a plus de vrai maire…

Tout fout l’camp ! [1]


Il n’aura échappé à aucun de nos concitoyens le caractère factice qu’a revêtu la vie en général, et plus spécifiquement la vie politique depuis, disons, une vingtaine d’années. Qu’on les approuve ou les réprouve, les hommes politiques de l’ancien monde semblaient infiniment plus réels et humains que ceux du nouveau monde qui nous entoure. D’une manière ou d’une autre et à des degrés divers, ils incarnaient leurs paroles publiques.

Ceux du nouveau monde semblent à l’inverse désincarnés et nimbés d’une facticité permanente : c’est qu’ils se sont eux-mêmes persuadés que la présentation de soi dans les médias et leur univers virtuel constitue l’essentiel du rapport de force politique. Ils font parler d’eux pour exister dans cet univers virtuel et doivent y exister moins pour lutter que pour se montrer en lutte, on ne sait trop contre quoi mais là n’est pas l’essentiel. L’important est désormais de se mettre en marche, plus de savoir où l’on voudrait aller. Comme dans le même temps le niveau culturel des élites et singulièrement celui des élites politiques s’est effondré, le résultat de cette prise de parole politique est souvent désastreux : le tweet mal ficelé remplace la tribune, les post facebook les livres d’opinion, tandis que les tribuns ne sont plus et que les têtes d’affiche doivent lire des prompteurs sur des tablettes parce que, depuis les années 1960, on n’apprend plus la rhétorique dans les écoles de France et de Navarre – nous voulons parler de celle d’Aristote, pas de la bouillie pour chats communicationnelle que BLANQUER appelait de ses vœux lorsqu’il était ministre de l’éducation dans le précédent gouvernement. Comme les personnalités politiques finissent par se persuader que n’existe que ce qui a une existence médiatique, toute manifestation de la réalité qui ne passerait pas par le truchement des médias qu’elles cherchent par ailleurs à contrôler pour maîtriser leur présentation de soi leur est incompréhensible. Quand le réel se rappelle à elles, c’est la débandade : souvenez-vous l’actuel Président de la République enterré dans son bunker élyséen, le pouvoir vacillant devant une de ces frondes populaires dont la France a le secret.

À l’échelle municipale, cela se traduit par l’avènement de nouveaux maires 2.0, des maires hors sol qui ne vivent que par et pour leur communication. Penchons-nous sur un exemple connu des Palaisiens, leur propre maire, Grégoire de LASTEYRIE. On peut raisonnablement dire que sa vie politique est essentiellement virtuelle. Pour la plupart des Palaisiens, GDL est un compte facebook doublé d’un magazine mensuel abondamment illustré de portraits de sa personne et, pour ceux qui ont pris la peine d’y assister, de quelques discours creux pleins de mots-clefs recopiés d’une fois sur l’autre, mais agencés différemment selon les circonstances des événements que son chef de cabinet planifie tout au long de l’année, le tout agrémenté d’un supplément d’âme en l’espèce d’une citation littéraire décontextualisée.

Certes, il n’est pas impossible de croiser GDL dans la rue de Paris, de manière impromptue. Plusieurs ont ainsi vu l’édile parisien remonter la rue de Paris, faisant mine d’avoir fait son marché, arborant un fier panier en véritable osier d’où dépassait un magnifique poireau. D’autres se seraient laissés prendre par la minuterie de son luminaire qui, dit la rumeur colportée par les mauvaises langues, lui permettrait de faire croire qu’il est parfois présent le soir dans l’appartement qui lui sert de boîte aux lettres. Mais là n’est pas l’essentiel : lui-même a sans doute l’impression, en croisant de temps à autre des Palaisiens avec qui il échange un mot ou deux, de ressentir pleinement les attentes de ses administrés en même temps que d’accomplir sa bonne action hebdomadaire, et finalement de prendre pour eux les justes décisions. Tout gouverneur étranger d’une contrée occupée pense qu’il fait le bien de la cité.

Mais lorsque les Palaisiens contestent sa politique de bétonnage et de destruction du patrimoine, au Parc Chabrol, au Foyer Drouillet, à La Bourbillière, à l’îlot Ferrié, à l’îlot Tronchet, autour de la future mosquée, sur le Plateau, lorsque la réalité de ses agissements inconsidérés un temps masqués par le voile médiatique lui revient dans la figure, GDL ne veut y voir que manœuvre partisane : comme les riverains n’ont pas d’existence médiatique, leurs arguments n’existent pas, et c’est donc que des forces adverses cherchent à le déstabiliser. Quand il se rend compte un peu tard que les riverains existent et qu’ils ont de sérieuses raisons de contester sa politique, GDL se révèle incapable de faire ce que tout maire a toujours fait depuis qu’il existe des municipalités : rencontrer les riverains. Contrarié, il retourne à son facebook et trie les portraits de sa personne en train de serrer des mains pour le prochain numéro du Palaiseau mag’.

Dans l’armée, la peur d’affronter la réalité du terrain entraîne une surenchère technologique qui implique à son tour l’impossibilité d’assumer les conséquences réelles des actes guerriers : le conducteur de drones assassinant sa cible depuis son écran du Texas n’a plus aucune idée de ce qu’une mort sanglante représente. Nos maires 2.0 sont un peu comme ces grands adolescents recrutés par l’armée états-unienne au sortir de l’université : des gamers qui, terrorisés par la réalité, terrorisent le monde depuis leur univers virtuel.                             


COMMUNIQUÉ n° 24 – vendredi 3 juillet 2020

Acculé, le Maire de Palaiseau 

opte pour une « défense de rupture »

Dans le dernier Palaiseau mag’ (n°247, juillet-août 2020), le Maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE et les 29 élus de la majorité répondent aux tribunes des quatre listes d’opposition qui, chacune à sa manière et suivant ses sensibilités politiques, dénonce l’abattage des 13 tilleuls de la cour de l’ancienne école Jules Ferry, et plus largement le choix imbécile d’y implanter le nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal (C.R.I.).

Dans sa réponse à verser aux annales de la mauvaise foi, GDL et ses comparses proclament haut et fort que le nouveau conservatoire est « une chance » pour Palaiseau, et qu’aucun problème ne se pose quant au fait de l’implanter sur le site de l’ancienne école Jules Ferry. La dénégation n’est pas pour étonner même si la forme amusera les initiés tant elle procède de l’antiphrase puérile. Passons en revue ce florilège orwellien dont GDL gratifie le lecteur chaque mois depuis l’an de disgrâce 2014, lorsque, souvenez-vous, l’édile parisien endossait son blanc destrier pour chasser le dragon-béton « de gauche », François LAMY, avant de se transformer à son tour, comme dans un conte de fées, en dragon-béton « de droite », tant il est vrai que l’alternance démocratique est un principe auquel le démon de la bétonnière ne saurait lui-même déroger.

Dans son C.R.I., décidément de plus en plus rauque, GDL affirme que « tout » sera « exemplaire sur le plan environnemental ». Dénégation de l’adolescent pris la main dans le sac de la grand-mère qu’il vient de dépouiller : « j’ai rien volé ! ». Un délit écologique, il y a dix ans, n’allait pas chercher bien loin, mais aujourd’hui, les choses se corsent. D’autant que GDL n’y est pas allé avec le dos de la truelle : prix du geste écologique le plus désastreux de l’année pour l’abattage de 13 tilleuls remarquables en période de nidification délivré par une association reconnue par l’Assemblée Nationale ; éradication du seul îlot de fraîcheur d’un quartier ; perturbation annoncée de son réseau hydrographique ; augmentation considérable des embouteillages (donc de la pollution atmosphérique) sur la D117, principale pénétrante de la ville ; et cerise sur le gâteau, une gigantesque verrière qui fera fonctionner les climatisations plein-pot tous les étés. Exemplaire est le mot.

Mais la suite n’est pas en reste, puisqu’on y lit que ce projet « a fait l’objet d’une très large concertation, où tout le monde a pu s’exprimer ». À qui GDL veut-il faire croire qu’un citoyen normalement constitué puisse acquiescer à l’idée de ravager un quartier patrimonial et de dépenser des sommes outrancières pour implanter un conservatoire dans un lieu impropre alors qu’il suffirait d’attendre quelques mois supplémentaires pour l’implanter dans un endroit adapté comme, par exemple, à la Sous-préfecture ? Tout à son Arpège, GDL doit penser que se concerter consiste à jouer du pipeau entre amis mélomanes, et raconter trois salades à ses badauds d’administrés à grands coups de power-point colorés.

Et de continuer sur le même registre : toutes « les études nécessaires en termes de stationnement, de circulation, de sols et de sécurité ont été réalisées ». C’est tellement vrai qu’elles sont introuvables et que lorsqu’on a la chance d’en trouver une, elle démontre les incohérences du projet : l’étude de stationnement confond les places existantes et celles à construire ; l’étude de circulation est aux abonnés absents et le Permis de construire comprend même une objection de la Direction du transport et de la voirie du Département de l’Essonne restée lettre morte ; l’étude de sol a été faite au mauvais endroit ; quant à l’étude de sécurité nécessaire à l’ouverture de tout chantier, GDL pratique sans doute l’humour noir : démarrage du chantier sans palissade avec coupe de tôle au milieu des poussettes, sans arrêté, sans panneau, sans casque, sans gants, sans rien ; ouvriers envoyés découvrir un toit à neuf mètres du sol sur un échafaudage non sécurisé, derechef sans casque, sans baudrier, sans ligne de vie, sans rien ; et le tout à l’avenant.

Comme on le voit, « tout a été fait de manière ouverte et transparente ». Dans ce déni carabiné, les juristes auront reconnu la fameuse défense de rupture que le sémillant avocat JacquesVERGÈS adoptait pour les cas désespérés : nier toute légitimité au jury et récuser en bloc les accusations sans prendre la peine d’y répondre. L’argument que GDL avance pour dénier aux riverains toute qualité de jugement dans cette affaire est de confondre leur démarche avec la « posture politicienne » qu’il attribue aux élus de l’opposition. Pourtant, riverains, élus de l’opposition, anciens élus de sa propre majorité, de gauche, de droite ou du centre, royalistes ou républicains, jacobins, girondins ou montagnards, orléanistes ou légitimistes, anarchistes ou encartés, il appert à toute personne prenant connaissance du dossier que le bon sens est seul en cause : à moins d’être un idiot congénital, un parfait égoïste, ou un fieffé politicard refusant de reconnaître publiquement la bourde monumentale de sa propre tête de liste, on ne peut décemment soutenir ce projet destructeur.

La vraie question n’est donc pas de savoir, comme le dit GDL, si l’on est « pour ou contre » le conservatoire, puisque tous les Palaisiens sont pour, mais si l’on est pour ou contre la destruction d’un quartier patrimonial sacrifié à la campagne électorale d’un édile parisien qui n’attend qu’une occasion pour partir ailleurs. 


COMMUNIQUÉ n° 23 – jeudi 2 juillet 2020

LE PING PONG DES IRRESPONSABLES

Premier set : « C’est pas moi, c’est l’autre ». Mairie de Palaiseau, hiver 2019, la salle des mariages qui nous rappelle en l’espèce la fréquence des divorces : l’architecte du C. R. I., un élu de la majorité et des riverains.

- Les riverains : Pourquoi un équipement aussi surdimensionné sur le site du Ferry impliquant la disparition d’un îlot de fraîcheur en plein centre ville, l’évidement d’un coteau, la disparition d’une place publique et la création de problèmes de circulation et de sécurité sur l’avenue de Stalingrad ?

- L’architecte : Ce n’est pas ma faute, c’est le cahier des charges, je n’ai pas choisi le site.

- Les riverains : Que se passe-t-il si les maisons anciennes du quartier de la Bourbillière se fissurent ou s’effondrent ?

- L’élu : Vous serez relogés, mais ce sera une longue querelle de plusieurs années entre vos assurances et celles des entreprises en charge des travaux.

- Les riverains : Pourquoi faire payer aux assureurs des entreprises du chantier les dommages découlant de la décision imbécile prise par la Mairie de Palaiseau d’implanter le Conservatoire à cet endroit ?

- L’élu : C’est comme ça, les entreprises peuvent ne pas accepter le chantier si elles le souhaitent, la Mairie sera quoi qu’il en soit dégagée de toute responsabilité.

Deuxième set : « Pas vu, pas pris ». L’abattage des tilleuls vendredi 12 juin 2020 de bon matin. Ahuris, les riverains, ainsi que quelques amis des 13 tilleuls, découvrent que le quartier de la Bourbillière est ceinturé par un impressionnant dispositif policier afin de « sécuriser » un abattage en pleine période de nidification – ce qui, rappelons-le, contrevient à la réglementation européenne. D’autant plus ahuris que Grégoire de LASTEYRIE vient de condescendre à leur accorder un rendez-vous sur ces questions trois jours plus tard, ils croient d’abord à une erreur et cherchent bien entendu à parler au « responsable » de l’abattage. Las, ils ne trouvent pour interlocuteurs que des agents de police aussi étonnés qu’eux et tenus, quoi qu’ils en aient, d’exécuter les ordres qui « viennent d’en haut », ainsi qu’un Commissaire qui déclare agir à la demande de l’« entreprise ». Mais où est le représentant de l’entreprise-dont-on-ignore-le-nom et qui aurait le pouvoir de faire se déplacer plus de cinquante policiers pour protéger une coupe à la légalité autant qu’à la moralité discutable ? Aux abonnés absents. La Mairie de Palaiseau, la Communauté Paris-Saclay respectivement décideur du choix du site et grand argentier du projet, absents aussi. Il est vrai aussi que 5 h du matin, c’est acceptable pour le menu fretin policier ou citoyen, mais que c’est bien tôt pour la grosse légume des commanditaires qui au demeurant pouvait éventuellement espérer que l’indignation populaire trouve un commode exutoire en « bouffant du flic » ou de l’élagueur tant qu’on y était ! Comme si le responsable d’une action n’était pas en tout premier lieu son auteur – c’est-à-dire celui qui l’autorise – quand bien même il ne l’exécute pas, a fortiori quand il fait faire le sale boulot par les autres.

Troisième set : « Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? ». Depuis le mercredi 17 juin les ouvriers qui interviennent pour scalper les bâtiments du Ferry évoluent à 9 m de hauteur sans casque, sans baudrier, sans ligne de vie ni protection d’aucune sorte… au mépris de leur sécurité et non sans danger pour les passants puisque des gravats sont jetés sur la voie publique. La Mairie de Palaiseau et la Communauté Paris-Saclay sont prévenues par téléphone, de vive voix, en recommandé avec accusé de réception …, le chef de chantier est prévenu, le commissariat est prévenu… Rien.

Quelles leçons de haute gouvernance retenir de ces torrides parties de ping pong dignes d’une cour d’école dorénavant frappée de calvitie végétale ? Que la politique traditionnellement dépeinte comme un art de la responsabilité a été transformée par nos édiles locaux en un art consommé de l’irresponsabilité grâce à un jeu de poupées russes qui permet au Maire de Palaiseau de se décharger de ses responsabilités sur la Communauté Paris-Saclay qui elle-même pourra mettre en accusation « l’entreprise » (Verdoïa, filiale de Vinci) laquelle pourra s’en prendre à ses sous-traitants qui eux-mêmes pourront pointer les torts de leurs sous-sous-traitants qui en fin de course pourront virer leurs travailleurs précaires qui eux-mêmes, pourvu qu’ils ne s’en sortent pas avec d’autres dommages qu’un boulot perdu, pourront s’en prendre à pas de chance. Où l’on apprend que le VRAI RESPONSABLE d’un chantier imbécile de 13 millions d’euros (sans les dépassements prévisibles) est « Pas de chance » et que ceux qui en feront les frais, en cas de difficultés, sont les sous-traitants qui pourront mettre la clé sous la porte et les ouvriers sur le carreau.

La sagesse des nations toujours honora les individus capables de rendre compte de leurs actions c’est-à-dire de les défendre par le geste et la parole dans toutes leurs conséquences prévisibles. Et parfois même jusque dans leurs conséquences imprévisibles, mais c’est là quitter le strict domaine de la vertu au profit d’un héroïsme qui permet parfois de toucher au divin (et nous en sommes loin). Quoiqu’il en soit tout comportement contraire consistant à fuir ses responsabilités est renvoyé par la décence commune à la lâcheté et à l’inconsistance. Le duc de Saint-Simon écrivit à propos de l’intendant de Basville[1] - préfiguration de GDL ? - qu’il éprouvait pour lui et ses œuvres « un solide petit mépris », car c’est là le seul châtiment dont les hommes d’honneur peuvent punir ceux qui n’en n’ont guère mais possèdent le pouvoir.


[1] Mémoires de Saint-Simon. 


COMMUNIQUÉ n° 22 – mercredi 1er juillet 2020

LA GUERRE COLONIALE S'EXPORTE A PALAISEAU

Mercredi matin 8 h 45, le 1er juillet 2020, à la Bourbillière, Palaiseau. L’été s’installe en pente douce, des oiseaux par centaines encore tout désorientés de la destruction de leurs nids tournent comme âmes en peine en quête d’un pied-à-terre, et leur petite musique résonne comme jamais en prélude à la grande symphonie de la vie qui toujours, dit-on, reprend ses droits.

Boum, brrrrrBoum, brrrrBoum brrrr… ! Des coups sourds, forts et répétés suivis de vibrations qui font tomber les verres des lavabos chez les plus proches des riverains, et trembler les assiettes tout au long de la rue Michelet … En fait de gazouillis et de tempo bucolique, l’étrange musique ressemble fort au rythme martial de La chevauchée des Walkyries. Une avant-première de la programmation estivale de l’association Arpège à destination des habitants de la Bourbillière ?

Interloqués, les riverains sortent de chez eux pour se retrouver devant un scénario de Francis Ford Coppola. Du haut ce no man’s land qu’est devenue l’école Jules Ferry, un petit Apocalypse Nowleur fait face : dans un nuage de poussières projetées depuis le site du futur C.R.I., avec son lot de petits gravats clairsemant le jardin des riverains sis en contre-bas, une machine de guerre tractopelle des blocs de béton après les avoir fait exploser, dans un crissement de fer et d’acier. Ce ne sont pas encore les grosses machines qui creuseront bientôt la cour du Ferry à 9 m de profondeur et qui ébranleront tout le quartier, qui chambouleront les cours d’eau souterrains et entraîneront possiblement glissements de terrain et inondations. Ce n’est qu’une modeste tractopelle qui met à bas un cabanon abritant les anciennes toilettes publiques. Le gros des troupes n’a pas encore débarqué sur le théâtre d’opération et ce n’est là qu’un avant-goût de la bataille patrimoniale sanglante qui se prépare.

Car la guerre asymétrique qu’on nous avait promise aura bien lieu. Quels en sont, d’ores-et-déjà, les protagonistes ? Il faut toujours, disent les grands penseurs du Politique, savoir nommer son ennemi, non pas l’adversaire personnel auquel on aurait des raisons privées de s’opposer mais l’ennemi public qui constitue une menace manifeste pour la communauté à laquelle on appartient[1]. Les faits, en l’espèce, parlent d’eux-mêmes : c’est en effet à la faveur de cette guerre coloniale livrée tambour battant par le parachuté parisien Grégoire de LASTEYRIE contre le bien commun des Palaisiens que nous avons reconnu notre ennemi, notre Lieutenant-colonel Bill Kilgore à nous, commandant de la cavalerie tractopellée envoyée détruire le quartier patrimonial de la Bourbillière.

Les anciens traités de polémologie conseillent en outre d’apprendre à bien connaître son ennemi. Ce « fou de guerre » des chantiers coloniaux du Grand Paris serait affecté, dit-on, d’une perversion particulière : érotomane de la petite et de la grande truelle, dont il aurait même une collection personnelle, dangereusement affriolé par la tractopelle, il ne jouirait dit-on que de l’odeur du gazole versé au matin blême dans le moteur d’une machine de démolition, le cœur enflammé à l’idée de malmener quelques nouveaux nhà riêng[2].

Certes il n’est plus de nhà quê[3] à Palaiseau, GDL n’use pas de napalm et ne porte pas encore de chapeau de cow-boy, et surtout nous ne saurions nous réclamer de la force morale du Việt-Cộng parvenu à faire ployer la première armée coloniale du monde. Mais, toutes choses étant égales par ailleurs, nous lutterons nous aussi contre l’envahisseur en déclarant dès aujourd’hui que si la victoire advenait nous ne répéterions pas les erreurs de nos frères d’armes vietnamiens : il n’y aura pas de camp de concentration pour les supplétifs des armées d’occupation, nous voulons parler des quelques Palaisiens qui, par faiblesse ou croyant naïvement aux promesses électorales, ont choisi de servir GDL et ses troupes coloniales, contribuant par là-même à détruire la « petite patrie » de leurs ancêtres.

Allons même plus loin : nous ne recherchons ni la mort de nos adversaires ni la guerre civile, mais simplement le retour à la raison politique. Peut-on toutefois raisonner un édile parisien dont le cœur s’enflamme à la simple vue d’une tractopelle ?


[1] Carl Schmitt, La notion de politique. Théorie du partisan, Paris, Flammarion, Champs classiques, 1992.

[2] En vietnamien : « maison, résidence ».

[3] En vietnamien : « paysan ».


COMMUNIQUÉ n° 21 – mardi 30 juin 2020

I have a dream, a green-grey dream

Quand le Maire de Palaiseau rêve votre vie

2030 ! Le maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE entend gouverner notre cité jusqu’en 2030, si d’ici là de hautes aspirations ne l’appellent pas à gravir les marches d’une institution plus prestigieuse à ses yeux que celles d’une marge du Grand Paris.

C’est ce que laissait entendre l’édile parisien dans un numéro hors-série de son magazine mensuel, paru en 2019[1]. En une quinzaine de pages, il invitait le lecteur à plonger dans le futur palaisien. Un futur entièrement lasteyrisé, c’est-à-dire immergé dans une solution aqueuse vert de gris, faite de « haute technologie » grise et de « cadre de vie » vert, dans laquelle la première ferait lien avec le second nonobstant une phraséologie hasardeuse, tant on ne sait ce que « le défi réussi du lien entre haute technologie et cadre de vie » peut vouloir dire.

Une bande dessinée de quatre pages se chargeait heureusement de nous faire un dessin. Les deux premières pages disent tout. Un jeune homme dont rien n’indique qu’il est originaire de Palaiseau prend son café, cultivé lui à Palaiseau, puis passe par la « Place de la gare du centre-ville » avant d’accéder au Plateau par un escalator bordé de roses, en 5 minutes de roulis. Parvenu rapidement dans la France d’en haut, le jeune homme enfourche une trottinette électrique en accès libre pour rouler derechef sur une piste bordée d’arbres (des tilleuls ?), et se rendre à la station « Palaiseau Plateau » de la ligne 18, pour y retrouver sa bonne amie venue de Paris, skate électrique sous le bras. Roulant cette fois de conserve, le jeune homme accompagne sa bonne amie à la Sous-préfecture, où elle vient d’être nommée, tandis qu’il va prendre sa classe de physique au Lycée international, bilingue bien sûr, avant d’enchaîner sur ses recherches dans un laboratoire universitaire adjacent, dans lequel il met au point un robot, ou peut-être, un cyborg.

Un couple de Parisiens appartenant aux catégories sociales supérieures – un cadre de la préfecture et un enseignant-chercheur – évoluent dans un univers High Tech clairsemé de parterres ou de toits végétalisés. La sillicon valey repeinte en vert pour des gens d’ailleurs. Dans ce paradis à construire, les Palaisiens n’ont pas leur place, sauf à penser qu’ils auront été d’ici-là entièrement remplacés par une population parisienne à forts revenus œuvrant dans les métiers en pointe de la mondialisation. Ces derniers ne seront d’ailleurs pas bien lotis pour autant : il ne sera plus question pour eux de se ré-enraciner dans des lieux chargés d’histoire et lestés de vieilles pierres, puisque, pour les faire venir en masse, on les aura préalablement parqués dans des HLM de luxe érigées sur la ruine des quartiers historiques et du bâti patrimonial de Palaiseau, définitivement recouverte par le voile criard et fluorescent d’une smart city all inclusive (sic !). Rendez-vous dans dix ans pour savoir si ce rêve libéral 2.0 voué à remplacer le tout de la société palaisienne par une de ses parties après en avoir sapé les bases en détruisant l’habitat ancien qui fonde en droit comme en histoire la cité aura eu raison du réel.

Dix ans ?! On se demande, perplexe, quels palaisiens ayant grandi à Palaiseau, parmi les membres de son équipe rapprochée, ou les élus de sa bannière, ou encore les élus de l’opposition, mais aussi et peut-être surtout parmi les employés municipaux, pourront supporter longtemps pareille singerie ! GDL lui-même tiendra-t-il la distance face aux tensions qui s’accumulent contre sa gestion désastreuse de la Ville, à grands coups de chantiers immobiliers destructeurs (le C.R.I. du Ferry, l’îlot Tronchet, le Parc Chabrol, l’îlot Ferrié) ? Justement, il la tient : ce lundi soir du 29 juin dernier, il a tenu son conseil municipal à distance, pour éviter d’avoir à soutenir le regard des Palaisiens en séance publique. C’est peut-être là une clef de sa longévité : ne pas être là, résider dans une boîte aux lettres, administrer par téléphone et par visio-conférence des habitants que l’on rencontre le moins possible. Se transformer en maire courant d’air est sans doute la meilleure manière d’être supporté par ses prochains.

En somme, tout le monde serait d’accord pour que GDL s’évapore dans les nuées gouvernementales à l’occasion d’un prochain remaniement. Comme le niveau des ministres et secrétaires d’État s’est écroulé en même temps que celui de l’enseignement[2], aucun obstacle ne s’oppose à cette solution qui satisferait tous les Français. D’autant qu’élevé à ce niveau d’incompétence, GDL deviendrait probablement inoffensif. Vivement le 14 juillet !


[1] Palaiseau mag’ Hors-série, mai 2030, n°345. Plongez dans le futur. [2019]

[2] Jean-Claude Michéa, L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes, Paris, Climats, 2009.



COMMUNIQUÉ n° 20 – lundi 29 juin 2020

Sur un classique de la littérature juvénile :

Palaiseau mag’ ou la culture du narcissisme

Nos anciens le disaient déjà, on ne lit jamais trop les classiques. Ils nourrissent l’esprit, l’affûtent, l’entretiennent. Certes, il y a classiques et classiques, car il en faut pour les différents âges de la vie : classiques pour grands, classiques pour enfants, et entre les deux, classiques pour adolescents. C’est sur cette dernière littérature que nous allons nous arrêter aujourd’hui.

Prenons le joyeux Palaiseau mag’, ce fleuron de la littérature pour âmes juvéniles. Chaque mois, il informe qui s’en soucie des faits et gestes du Maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE. Ce jeune édile fraîchement émoulu d’une école de commerce avait été comme on s’en souvient dépêché en 2014 par une écurie parisienne pour faire ses armes électorales à Palaiseau. C’est le récit illustré de cette aventure trépidante qu’a choisi d’offrir la petite équipe du Palaiseau mag’ à ses lecteurs. D’une ligne graphique agréable, sans « prise de tête » excessive, Palaiseau mag’ renseigne juste ce qu’il sied des agissements du maire : ni trop ni trop peu. Surtout, il a l’intelligence d’incarner le propos par une imagerie personnalisée : celle d’un maire jeune, souriant, dynamique et proche des gens, dans lequel un lectorat jeune d’esprit se trouvera toujours flatté d’avoir à se reconnaître.

Prenons un numéro au hasard, le 230, paru en novembre 2018. Le récit de la chronique municipale parvient à tenir le lecteur en haleine au moyen d’une suite d’images photographiques représentant le maire en action et qui en constitue comme le fil d’Ariane. Ainsi saisi par l’image, le lecteur vit ou revit d’autant mieux les événements notables du mois passé : le postérieur de GDL s’essayant à gravir un mur d’escalade, GDL debout sans cheveux sur la tête à côté de Jean-Louis Borloo assis se grattant les cheveux, GDL en tout petit pris de très loin lors de la cérémonie de bienvenue aux nouveaux Palaisiens, GDL en contre-plongée échangeant on ne sait quoi sur l’article 72 de la Constitution avec le juriste palaisien Bernard Chantebout, GDL de profil ceignant son écharpe municipale pour rendre un hommage appuyé à un ancien maire de la ville, GDL cette fois sans veste au Café du maire, GDL devant l’écran de Cinépal, GDL inaugurant un gymnase, GDL avec les pompiers, GDL devant le théâtre de la passerelle coupant un ruban. Et toujours le sourire aux lèvres, l’optimisme affiché, le corps en mouvement, incarnant à la perfection ces nouvelles élites en mouvement qui vont toujours et encore de l’avant, certes pas sans reproche mais quoi qu’il advienne sans peur du mur qui s’approche.

Mais l’on sait la critique littéraire acerbe. Palaiseau mag’ en mains, certains commentateurs hurlent à l’imposture et lui récusent la qualité de chronique. Ce ne serait là que fiction municipale, tant le récit proposé au lecteur s’éloignerait de la réalité des faits. N’étant pas versé dans ces matières ardues, on se contentera de faire remarquer aux gens de lettres que si fiction il y a, on serait alors mieux venu de parler d’auto-fiction. L’ours du Palaiseau mag’ n’indique-t-il pas le nom de GDL comme Directeur de la publication ? Ce serait en définitive beaucoup moins un problème littéraire qu’une grave question sociétale posée au lecteur : le Palaiseau mag’ ne serait-il pas une expression palaisienne de ce virus mondialisé qu’est « la culture du narcissisme » abondamment décrite par les spécialistes ?[1]

Reste que nous ne pouvons entièrement suivre la thèse de la fiction, fut-elle de l’auto-fiction. Force est en effet de reconnaître que, parfois, Palaiseau mag’ distille quelques atomes de vérité. Prenons le dossier consacré au projet d’implanter un nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal sur le site de l’ancienne école Jules Ferry publié dans le même numéro 230. Que dit-il : « Un choix a fini par s’imposer. Après une phase nécessaire de concertation et de définition des besoins avec la direction du conservatoire, les élus municipaux et communautaires, ainsi qu’Arpège, association de parents d’élèves du conservatoire […], le site de l’ancienne école Jules Ferry […] a été retenu pour accueillir le nouveau conservatoire ». Dans ce passage intéressant sous forme d’aveu quant au processus ayant abouti au choix aberrant du Ferry, contesté par un nombre croissant de Palaisiens, on retiendra que la « concertation » s’est faite sans les riverains. Ce qu’on ne saurait sérieusement contester.


[1] Christopher Lasch, La culture du narcisssime, Paris, Champs Essais, 2006.


COMMUNIQUÉ n° 19 – vendredi 26 juin 2020

HYDROPOLITIQUE PALAISIENNE

(ou les leçons de l’Orient compliqué)

L’hydraulique est une science difficile. On ne compte d’ailleurs plus les livres abordant les relations subtiles entre l’art et la manière de gouverner les hommes et la gestion de l’eau à l’échelle du territoire qu’ils occupent.

Naguère, de savantes théories expliquaient même le despotisme de lointaines contrées orientales par la nécessité de mobiliser de grandes forces de travail pour ériger de vastes ouvrages hydrauliques nécessaires à l’agriculture : détournement de fleuves gigantesques, barrages titanesques, canaux d’irrigation étendus, et travaux afférents. Des souverains tyranniques et cruels asservissaient le droit et la loi pour mieux esclavagiser des populations entières et remplir leurs silos de grains pour nourrir leur armée[1].

Toutes choses étant égales par ailleurs, le Palaisien du XXIe siècle curieux du vaste monde et de son histoire pourrait trouver là matière à comparaison et donc à réflexion : n’est-t-il pas lui aussi confronté à une politique de grands travaux qui ira d’ailleurs crescendo dans la perspective du Grand Paris et de la gentrification – comprendre l’éviction des « autochtones » et des petites gens – qui s’en suivra ?

Ces grands travaux, certes, ne concernent pas directement l’aménagement hydraulique à fin d’augmenter le potentiel agraire. Ce serait même l’exact inverse : bétonner autant que possible les espaces verts du centre-ville et ce qu’il reste de périphérie agraire, ce qui aura entre autres effets nuisibles de perturber le réseau hydrographique, provoquant ruissellement accru, inondations et crues à répétition. C’en est déjà au point qu’on ne trouve plus guère de chantier du centre-ville qui ne doive fonctionner avec des pompes à eau, nuit et jour, et dans lesquels on ne voit s’ériger des bâtiments sur pilotis, à la manière archaïque de ces maisons de bois des pays de mousson, arrosées plusieurs mois durant par des pluies diluviennes. Ce faisant, on ne canalise pas tant l’eau qu’on ne la chasse plus loin sans souci du lendemain pour les riverains, en même temps que l’on chasse les gens du cru en bâtissant pour des catégories sociales supérieures qui investissent la périphérie parisienne à mesure que la capitale se transforme elle-même en coffre-fort et en terrain de jeux pour despotes orientaux.

On ne sait dès lors quel autre terme du vocabulaire classique employer que celui de « despote »[2] pour désigner ces édiles qui décident seuls et contre tous – la raison, les riverains et grand nombre de Palaisiens – d’envoyer sur le vieux Palaiseau le rouleau compresseur des multinationales du bâtiment pour détruire l’harmonie de la cité. Mais direz-vous, où sont les esclaves de l’équation orientale ? Ils sont devant vos yeux, sur les chantiers, sans protection physique ni juridique : ce sont les ouvriers qui travaillent sans casque, mal payés et souvent mal traités parce que sous-traités par des grandes entreprises du bâtiment qui font ainsi d’une pierre deux coups : elles diluent leurs responsabilités pénales et n’ont pas à payer de charges sociales pour ce lumpen prolétariat dont elles ne s’assurent parfois même pas qu’ils disposent d’une statut juridique reconnu par loi.

Jusqu’où les vertus du despotisme oriental pourront éclairer les eaux troubles palaisiennes ? Enquête à suivre…


[1] Karl Wittfogel, Le despostisme oriental, Paris, Les Editions de Minuit, 1964-1977.

[2] Alain Grosrichard. Structure du sérail. La fiction du despotisme asiatique dans l’Occident classique, Paris, Seuil, 1979.


COMMUNIQUÉ n° 18 – jeudi 25 juin 2020

« L’heure n’est plus aux directives venues d’en haut » !


VERBATIM Grégoire de LASTEYRIE

Dans une tribune publiée sur le site internet du journal L’Opinion le 4 mars 2020, à l’approche du premier tour des élections municipales qui vit sa réélection, le Maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE exposait sa vision du Politique[1]. Rétrospectivement, son propos intéresse tous ceux qui se trouvent aujourd’hui confrontés à sa politique municipale. Voyons de quoi il retourne.

L’exercice de la tribune est comme on le sait l’un des passages obligés d’une campagne électorale. À l’approche d’un mandat électif, quel candidat ne s’est pas exprimé sur sa conception du Politique ? Ce sont généralement les ‘communiquants’ qui se chargent de rédiger le pensum, en choisissant citations d’auteur, formules chocs et mots-clefs destinés à frapper l’opinion. La chose est délicate, car l’enjeu est double : il s’agit de positionner le produit d’appel sur le marché électoral en fonction de l’électeur qu’on souhaite atteindre ; mais aussi de n’engager à rien qui puisse prêter à conséquence. Les textes qui en résultent sont en général indigestes et souvent incompréhensibles ; c’en est au point que l’on rémunère des spécialistes pour décoder, dans la virgule ou l’adjectif, la somme cachée de ces calculs verbaux. On les nomme politistes.

N’étant pas politistes, le parti que nous avons pris sera de ne retenir du propos de GDL que les phrases qui ont un sens connu dans le Petit Grevisse. Nous laissons aux sémioticiens de l’impossible le soin de déterminer ce qu’« entrer pleinement dans une réflexion prospective appliquée au réel » peut vouloir dire, si ce n’est un truisme alambiqué pour signifier qu’il n’est pas interdit de réfléchir à l’avenir quand on gouverne fut-ce une mairie.

Pléonasmes au carré mis à part, que dit GDL ? S’adressant à l’échelon national, il parle du point de vue d’un maire pour défendre l’importance de l’échelon communal dans la recherche de solutions aux problèmes de la mondialisation. Il redoute l’impuissance du politique à l’échelon national, et suggère de mettre en place les politiques publiques nationales à partir de l’échelon communal, plus proche des gens, où elles pourraient donc être amorcées plus facilement. Parce que, dixit Tocqueville dans le texte, « C’est dans la commune que réside la force des peuples libres ». C’est beau comme de l’antique et le lecteur pressé pourrait presque y lire une ode girondine aux Gilets jaunes face au diktat jacobin de la France d’en haut…

Blague à part et texte en mains, il ne s’agit pas d’augmenter l’autonomie des communes, mais bien de la restreindre davantage en faisant du maire la courroie de transmission du gouvernement pour « esquisser les nouveaux contours de politiques publiques réactives et concertées ». Pourquoi ? Parce qu’il est plus facile d’« initier de profonds changements de comportements et d’habitudes » à cet échelon. Mais comment ? Par la concertation bien sûr ! Car « l’heure n’est plus aux directives venues d’en haut ». Confronté à cet épineux problème, GDL a trouvé le remède : « l’acceptation du changement suppose de vrais espaces d’échange et de consultation ».

Moyennant quoi les habitants de la Bourbillière, du Parc Chabrol, de l’îlot Tronchet ou de l’îlot Ferrié, et tant d’autres Palaisiens sont contents d’apprendre qu’ils habitent une commune pilote où se tient une expérience d’ingénierie sociale grandeur nature : la bétonisation de leur ville, à grands coups de concertations.

[1]https://www.lopinion.fr/edition/politique/solutions-politiques-demain-viendront-communes-tribune-gregoire-213456


COMMUNIQUÉ n° 17 – mercredi 24 juin 2020

PRISES D’OTAGES À PALAISEAU

Depuis que des lois d’exception régissent la République pour la protéger du terrorisme, on en oublierait presque de considérer ce fléau de basse intensité de la vie politique qu’est la prise d’otages.

Ces derniers mois, et rien qu’à Palaiseau, pas moins de trois prises d’otages auraient été perpétrées contre les habitants de cette cité. L’extraordinaire de la situation palaisienne vient de la fréquence inhabituelle de cette pratique, mais aussi de ce que, d’après les enquêtes en cours, le preneur d’otages ne serait ni un forcené ni un illuminé. Il ne serait autre que le Maire de Palaiseau, Grégoire de LASTEYRIE lui-même. Rappelons les faits connus en nous gardant de conclusions hâtives.

Pour faire avaliser son projet de construction d’un nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal (C.R.I.) par la Communauté Paris-Saclay (CPS), GDL s’est appuyé sur une structure associative, la fameuse Arpège, invoquée ad nauseam par l’édile pour faire accroire que le projet aurait été mené dans la concertation (cf. CP AALB n°10). La concertation consista donc à faire savoir que la décision aberrante d’implanter le C.R.I. sur le site de l’école Jules Ferry n’émanait pas du seul Maire, mais d’une associationqui s’affiche comme celle des « représentants des usagers et amis du Conservatoire », et partant que ce choix était légitime. Mais dans cette stratégie de communication les problèmes s’amoncellent dès que l’on cherche à savoir de qui Arpège est réellement représentative. Fondée en 2008, l’association Arpège s’est donnée pour mission principale d’exercer son influence « auprès des élus » « pour participer à l’élaboration du projet d’un nouveau conservatoire ». Isabelle BARON, sa cheville ouvrière, fut bientôt nommée conseillère municipale de GDL lors de son premier mandat (2014-2020) si bien qu’Arpège et la Municipalité ne firent bientôt plus qu’un et sont de ce fait juges et parties. Comme le nombre d’adhérents d’Arpège ne dépasse pas, semble-t-il, la petite cinquantaine de membres, dire qu’il y a eu concertation avec Arpège revient à peu près à dire que BARON, Catherine CASTANG, nommée à la tête d’Arpège, et GDL ont décidé la chose de conserve avec l’architecte en charge du projet, tant il est vrai qu’il est plus facile d’accorder ses violons en formation resserrée. Pour faire bonne mesure, CASTANG a d’ailleurs reçu la médaille de la Ville en janvier dernier. Soit une opinion publique prise en otage par le bureau d’une association partie prenante et ne représentant qu’elle-même bien qu’elle joue d’ambiguïté en faisant accroire qu’Arpège et le millier d’adhérents du Conservatoire sont tout un.

Mais n’était-ce pas là une répétition générale ? A l’approche des élections, GDL n’aurait-il pas conçu prise d’otages plus audacieuse encore ? Celle des adhérents de l’actuel conservatoire à qui l’on aurait fait passer le message qu’ils pourraient bien perdre leur C.R.I. s’ils ne votaient pas convenablement, ainsi que l’ont rapporté plusieurs parents d’élèves. La prudence est bien sûr de mise, mais le raisonnement s’entend : avec un millier d’adhérents dont on peut considérer qu’une partie non négligeable est inscrite sur les listes électorales, cela ramènerait bien quelques centaines de voix, fort appréciables en ces temps de pénurie – rappelons que GDL n’a franchi la barre du premier tour qu’avec moins de 300 voix d’écart par rapport à ses opposants, grâce à l’aide décisive du Covid et du taux record d’abstention qu’il occasionna (près de 56 %).

Le clientélisme est comme chacun sait le b.a.b.a. de la basse politique, et sa recette est connue : faire insidieusement comprendre aux votants ou à ceux dont on pense qu’ils les représentent, mais sans jamais le leur dire directement pour ne pas en laisser la preuve, que les équipements dont les diverses communautés ou corps constitués ont objectivement besoin dépendent de la décision personnelle d’un maire, et que cette décision est conditionnée à sa réélection. Moyennant quoi le maire ne sert plus le bien commun, mais instrumentalise communautés et corps constitués pour remplir son panier électoral. Si pareille chose avait eu lieu à Palaiseau lors des dernières élections, GDL aurait en sus innové : d’ordinaire, communautés et corps constitués reçoivent le juste prix de leur allégeance, dans le cadre d’un donnant-donnant bien compréhensible – dans l’idiome up to date d’HEC on dirait « win-win ». GDL, suggèrent de fins analystes que personne n’est obligé de croire, aurait expérimenté le win-loose (and go fu*k yourself) : ainsi les mélomanes palaisiens ont-ils été floués du tout au tout en acceptant le projet d’un C.R.I. sur un site qui n’est pas viable et qui rendra leur quotidien tout aussi impossible que la situation précédente.

Mais ce n’est pas tout. De mauvaises langues murmurent que les mélomanes n’auraient pas été les seuls à faire les frais de cette innovation. Certaines têtes de réseaux des communautés musulmanes de notre cité l’auraient également subie : appâtées par la construction d’un lieu de culte (et qui ne l’aurait pas été), on les aurait flouées, elles aussi, en le reléguant sur un terrain inadéquat les confrontant à la légitime colère des riverains, si bien que des recours juridiques seraient déjà envisagés contre le permis de construire délivré par GDL en février dernier ! L’histoire tranchera, mais la climatologie parle déjà : depuis le déconfinement, les recours éclosent comme fleurs au printemps.

Il est en revanche une troisième prise d’otage, avérée celle-là : le 1er tour des élections municipales à l’issu duquel, mal réélu, GDL a fait comme si la majorité des Palaisiens l’avait plébiscité. En ces temps d’anniversaire gaullien (l’appel du 18 juin), il n’est pas inutile de rappeler l’incongruité consistant à faire passer en force des projets immobiliers destructeurs dont les Palaisiens ne veulent pas.

COMMUNIQUÉ n° 16 – mardi 23 juin 2020

LE BARON TRUELLEMANN CONTRE FERRY

On le sait, Grégoire de LASTEYRIE entretient un rapport pathologique à l’école Jules Ferry de Palaiseau et à ses 13 tilleuls, au point d’avoir fait abattre les seconds de honteuse façon et de s’appliquer à faire disparaître méthodiquement toute trace de la première. Pourquoi ? Nous avons mené l’enquête…

Il y a d’abord l’évidence. Il reste attaché au quartier de la Bourbillière, dont les enfants s’instruisirent à l’école Jules FERRY de 1933 à 2007, comme un parfum populacier, sans doute malodorant pour GDL. La Bourbillière, comme le quartier du Bout galeux, charrient encore les images de ce Palaiseau des gueux, peuplé de petits maraîchers et d’artisans, où l’on ne trouve pas ou peu de ces meulières pimpantes et bourgeoises semées le long du boulevard Bara ou dans le quartier Lozère à partir des années 1850, à mesure que l’antique ligne de Sceaux ramenait son lot de Parisiens en quête de verdure, mais des demeures beaucoup plus anciennes liées au passé rural et villageois de notre Cité. Puis, à partir de 2007, viennent les années FERRY : ce sont elles qui valent au site d’être perçu par GDL comme un Pandémonium des sous-cultures, une basse-cour de canards déchaînés et surtout une place publique ouverte à la flânerie comme aux rencontres, humble réminiscence de cette agora athénienne où s’inventa, dans la libre discussion, la sphère politique. Où l’on découvre encore un peu plus que notre GDL municipal n’est pas là pour œuvrer au bien commun mais, plus prosaïquement, pour faire avancer sa petite entreprise personnelle à coups de truelles et de millions avant de quitter Palaiseau pour de plus grandes aventures…

Mais tout compte fait n’était-ce pas en rester à l’écume des choses ? N’est-ce pas la figure historique même de Jules FERRY qui est ici en cause ? Si on connaît bien l’œuvre scolaire du Ministre de l’Instruction publique dans les années 1880, on oublie parfois que le jeune Jules FERRY fut un opposant aussi actif que talentueux au Second Empire. C’est ainsi qu’en 1868 il consacre un pamphlet au baron d’opérette qu’est le préfet HAUSSMANN : les Comptes fantastiques d’Haussmann. FERRY s’en prend à l’œuvre de démolition du vieux Paris, détruit à plus de 60 % : « Ce vieux Paris (…) nous le pleurons de toutes les larmes de nos yeux, en voyant la magnifique et intolérable hôtellerie, la coûteuse cohue, la triomphante vulgarité, le matérialisme épouvantable que nous léguons à nos neveux. » Mais surtout FERRY vilipende la gabegie financière et la spéculation engendrées par les opérations immobilières qu’encourageaient HAUSSMANN.

Combien FERRY trouverait à persiffler en voyant les 13 millions du C. R. I. essentiellement destinés à pomper l’eau d’un coteau en même temps que l’air des palaisiens, la Franco-Suisse et son « domaine des dieux »[1] débarquer au parc Chabrol, ou encore le trou Tronchet dans lequel Emerige mijote un EHPeR (Établissement d’Hébergement pour Personnes Riches) à 5000 € du m2 sur les ruines de l’ancien foyer Drouillette … On comprend dès lors que GDL chez qui l’esprit bac à sable ne semble pas entièrement aboli, partagé entre la collection de petites truelles de son bureau municipal, dit-on, et son train électrique de la ligne 18, ait eu peur des fantômes comme tous les enfants. En bûcheronnant les verts tilleuls où le spectre de FERRY sommeillait jusqu’ici paisiblement, il a donc tout bonnement voulu conjurer cet encombrant revenant, qui risquait, vengeur, de s’écrier bientôt : « Guerre aux démolisseurs ! »[2].

Mais liquidant FERRY, GDL va plus loin encore dans le reniement du passé palaisien, car ce nom est aussi, ruse de l’histoire, celui du seigneur qui donna ses armoiries et son lion à la ville de Palaiseau : FERRY de PALAISEAU. Celui dont on nous dit qu’il incarnait le « type du chevalier français du Moyen Age »[3] fondait notre Cité sur la noblesse des valeurs ; Grégoire de LASTEYRIE du SAILLANT l’avilit dans l’oubli de ce qui la fonde.

[1] René Goscinny et Albert Uderzo, Astérix le Gaulois. Le Domaine des Dieux, 1971.

[2] Victor Hugo, Guerre aux démolisseurs, in Revue des Deux Mondes, 1832.

[3] Gabriel Dauphin, Palaiseau d’Hier et d’Aujourd’hui, 1970, p. 39.

COMMUNIQUÉ n° 15 - lundi 22 juin

QU’EST LA NOBLESSE DEVENUE ?

« Tout ce qui est grand périt si ceux qui en héritent sont petits » (Oswald Spengler)

La cité palaisienne bruisse de mille commentaires sur la politique dévastatrice du Maire de Palaiseau, dont le projet d’implanter un Conservatoire à Rayonnement Intercommunal sur le site de l’ancienne école Jules Ferry aura entre autres conséquences celle de saccager un quartier historique à caractère patrimonial. Et comme il arrive souvent en France dès que le patronyme d’un édile affiche ses quartiers de noblesse – ceux de Grégoire de LASTEYRIE du SAILLANT sont de notoriété publique – les passions se déchaînent. Aux yeux de certains, l’indécence de sa politique trouverait même à s’expliquer par ses origines sociales, que trahiraient la morgue et le dédain dont il fait preuve envers les Palaisiens. Qu’en penser ?

Depuis la Révolution, la noblesse de France occupe une position ambivalente. Volontiers acceptés lorsqu’ils servent le bien commun, les nobles sont parfois décriés plus que d’autres lorsqu’ils s’en éloignent. Rappelons pour faire bonne mesure qu’ils sont « très minoritaires dans la population » – pas plus d’une centaine de milliers de personnes – « mais surreprésentés et multipositionnés dans les espaces de pouvoir, d’influence et de création »[1]. Cette position dans les hautes sphères de la société explique assez la vindicte comme la fascination dont ils peuvent être l’objet. Une position privilégiée qui s’explique à son tour par la transmission de valeurs aristocratiques – être en toute chose le meilleur – ainsi que par le maintien d’une éducation à l’excellence, les deux allant de pair.

La question est alors de savoir à quel prix les milieux nobiliaires ont su s’adapter pour se maintenir au sommet d’une société devenue marchande, dans laquelle plus rien n’a de valeur parce que tout s’achète à qui en paye le prix ? Vouloir être le meilleur dans un monde ultra-libéral ne revient-il pas à se distinguer par la maximisation de ses intérêts personnels, au détriment du bien commun ? Pour le dire de manière imagée, combien de capitaines François de Haddock ont su conserver l’esprit chevaleresque des vrais aristocrates, petits hobereaux fiers et courageux, défendant la veuve et l’orphelin, respectueux du peuple, chaleureux, détonnant, le sens de l’honneur chevillé au corps, s’imposant autant de devoirs qu’ils ne jouissent de privilèges dans un monde de Rastapopoulos et de Carreidas incarnant les puissances agressives et desséchantes de l’argent bordées par les eaux glacées du calcul égoïste ?[2]

Épineuse et vaste question à laquelle nous ne saurions apporter de réponse que circonscrite à Palaiseau : à l’usage, il est apparu à nombre de Palaisiens qu’en fait de noblesse notre GDL municipal faisait bien piètre figure. Du sang bleu, sans doute, mais d’un bleu délavé sans guère de courage ni de bravoure. Aux abonnés absents dès qu’adviennent les conséquences désastreuses de sa politique, GDL n’assume en effet aucune de ses décisions délétères : à l’abri, terré dans son bureau lorsqu’il y siège, il n’ose pas même se déplacer sur les lieux du crime quand il lance la police nationale et la B.A.C. sur ses administrés pour faire couper les 13 tilleuls de la cour du Ferry, poussant la tartufferie jusqu’à feindre de ne pas être au courant ; face aux Palaisiens qui contestent ses projets immobiliers par centaines et milliers, au Ferry comme au Parc Chabrol, il dépêche ses subordonnés. Paralysé par la peur ou dédaigneux à l’excès ? On ne sait vraiment ; reste que le Maire GDL s’est progressivement fait courant d’air. Raison pour laquelle aux yeux de certains il n’a plus ni l’âme ni le cœur d’un aristocrate. Sa politique se révèle même à beaucoup de Palaisiens comme ignoble au sens littéral du terme, soit comme l’exact opposé des valeurs chevaleresques incarnées jadis par ses lointains ancêtres.

Ce que nous reprochons à GDL n’est donc pas sa noblesse, mais, précisément, son manque de noblesse. C’est pourquoi nous dédions ce communiqué de presse à l’ancêtre fondateur de la lignée des LASTEYRIE du SAILLANT. Gageons que si l’ancêtre en question rencontrait demain son descendant, il serait affligé par la honte dont « la politique du déracinement » (cf. le CP de l’AALB n°11) qu’il met en œuvre macule le patronyme familial.


[1]Eric Mension-Rigau, Singulière noblesse. L’héritage nobiliaire dans la France contemporaine, Paris, Fayard histoire, 2015

[2]Hergé, Les aventures de Tintin, Casterman, toute la collection.

COMMUNIQUÉ n° 14 – 19 juin 2020

E.T. DEBARQUE À PALAISEAU !

Grégoire de LASTEYRIE, téléphone, maison

Comprendre notre monde complexe est un exercice de plus en plus délicat. Parfois, les mots de tous les jours n’y suffisent pas. Pris dans le rythme trépidant du quotidien, le citoyen navigue à vue entre plusieurs eaux : le parler de tous les jours, l’idiome du politicien, et le langage savant.

Chacun a ses qualités et défauts. Réaliste, le parler de tous les jours manque parfois de recul. Optimiste, l’idiome du politicien déçoit souvent. Éclairant, celui du savant peut parfois masquer le sens des choses à vouloir les ausculter de trop près.

À Palaiseau, le politique a parlé. Grégoire de LASTEYRIE dans son bureau sécurisé décida seul d’implanter un Conservatoire à Rayonnement Intercommunal (C.R.I.) sur le site de l’ancienne école Jules Ferry, au mépris du bon sens, du bien commun, des deniers publics et de la cohésion de la cité. Il a dit : ça ira, c’est une chance, tout le monde sera content… Palaiseau ville fleurie, marche-pied pour un ministère, mais gare à la B.A.C. qui veille au grain.

Confronté à l’incohérence du projet du C.R.I., le franc-parler quotidien lui a répondu fort à propos : va C.R.I.er ailleurs. Comme la dialectique casse des briques et que des recours juridiques sont en cours, il n’est pas impossible que le C.R.I. finisse aux oubliettes de l’histoire alors que les Palaisiens attendent cet équipement, nécessaire, depuis des décennies. De l’importance de concevoir un projet urbain avec son crâne plutôt qu’avec ses pieds trempés dans une bassine de bras cassés. Dans tous les cas les Palaisiens pourront remercier GDL d’avoir choisi ce lieu inadapté pour son implantation.

Un savant a lui aussi parlé, et même écrit à l’avance et comme par prémonition sur cette délicate question[1]. C’est qu’il offre dans ses livres des clefs pour mieux comprendre la portée de ce type de projets destructeurs, dont le C.R.I. n’est qu’une illustration de par le vaste monde. Que comprenons-nous de ce qu’écrit Augustin BERQUE (prix Cosmos 2018, équivalent d’un « Nobel » de l’écologie) si l’on se prend au jeu d’habiller de noms palaisiens les concepts qu’il emploie ? Que GDL, en coupant les 13 tilleuls de la cour de l’école Jules Ferry à l’aube d’un vendredi du mois de juin, le 12 précisément, « décosmise » le quartier de la Bourbillière, c’est-à-dire qu’il altère l’ordre de ce lieu par lequel les êtres et les choses, la nature et l’humain, cohabitaient harmonieusement. Que, le « décosmisant », il se révèle comme un « être-vers-la-mort », autrement dit comme une personne déterminée par l’individualisme et la défense d’intérêts personnels maquillée sous l’étiquette du bien commun. Qu’il s’agit, à ce prix, de transformer la Bourbillière en « espace foutoir » dans lequel adviendra bientôt l’affreux « Partout la même chose ». Ce dernier concept ne recouvre rien d’autre que l’architecture contemporaine, ou plus exactement ce qu’elle est devenue entre les mains des promoteurs immobiliers, des multinationales du bâtiment et des édiles assoiffés de bitume et friands de béton. Que cette « architecture extra-terrestre » ou « architecture E.T. » tombe tout droit de cette planète Mars qu’est devenue la France d’en haut, pour enlaidir la France d’en bas. Pour le dire en un seul mot, que de l’îlot Tronchet à l’îlot Ferrié en passant par la Bourbillière, GDL entreprend rien moins que la « déterrestration » de Palaiseau.

La rumeur court la ville qu’alors que la France et la Navarre déconfinent, GDL préparerait le prochain conseil municipal en visio-conférence, à bonne distance des problèmes de la Cité palaisienne. Depuis sa villégiature, décrochant régulièrement son téléphone pour s’enquérir de la situation auprès de conseillers, GDL attendrait que le climat s’apaise avant de revenir siéger. D’où il ressort que la réalité, parfois, rejoint la science-fiction : « E.T., téléphone, maison ! ».

COMMUNIQUÉ  n° 13 – 18 juin 2020

LASTEYRIE MONTE EN PREMIÈRE DIVISION !

In-croy-able ! C’est une véritable success story qui vient d’avoir lieu sous nos yeux. Le Maire de notre cité, Grégoire de LASTEYRIE, dont le nom rayonne de mille grâces jusque dans les 27 communes de la Communauté d’agglomération Paris-Saclay (CPS), vient en effet de se voir promu à la stature nationale à laquelle chacun sait qu’il aspire depuis ses vertes années. Parti pour ainsi dire de rien (ou si peu), parfaitement inconnu des Palaisiens avant qu’il ne brigue son premier mandat, GDL a su soigner sa stature municipale au point d’être, lundi 15 juin, directement promu à la division nationale sans passer par la case régionale ! Une belle performance sur laquelle il est important de revenir.

Rappelons les faits qui n’ont rien d’anodin : le 15 juin dernier, Georges FETERMAN, président de l’association A.R.B.R.E.S., décernait solennellement à GDL le « diplôme de reconnaissance du geste écologique le plus désastreux de l’année » devant plusieurs centaines de personnes impressionnées. Sur le terrain même de son coup d’éclat, dans le quartier de la Bourbillière, à quelques mètres seulement des souches des 13 tilleuls remarquables de la cour de l’école Jules Ferry qu’il venait de faire abattre à grand renfort de présence policière, GDL était officiellement promu en division nationale.

Ni GDL, ni aucun membre de l’équipe dynamique pour les couleurs de laquelle il marquait son premier but de la saison ne s’était déplacé, mais chacun sait, à Palaiseau, qu’ils sont reconnaissables à leur maillot vert fluorescent barré de lettres de sang sur lequel on peut lire « Ecological Transition» (dit la E.T. team de Palaiseau).

Nous voyons d’ici envieux et jaloux décocher leurs traits venimeux : il ne s’est pas même déplacé ! Et puis, ses qualités personnelles suffisent-elles à expliquer l’ascension foudroyante de cet enfant de la balle !? Certes non, c’est un travail d’équipe car seul une équipe forte et soudée peut emporter le morceau sur un terrain de jeu si hasardeux : une dizaine d’arbres remarquables à couper, un coteau à évider, quelques maisons à ébranler, peut-être aussi à inonder, un quartier entier à déstructurer, le tracé d’une départementale (la D117) à modifier au point d’y ralentir considérablement la circulation déjà passablement embouteillée, et surtout, surtout, un public rétif au-delà de l’imaginable, à l’échelle de plusieurs quartiers d’une ville, et peut-être, bientôt, d’une ville entière.

Redisons ici qu’il n’est pas question de retirer à GDL son formidable coup de pied au cul, connu d’un nombre croissant de Palaisiens, mais de rappeler qu’il ne peut porter qu’à la condition d’être secondé par une équipe de choc, dont il sied de rappeler le rôle décisif dans cette victoire. Signalons notamment :

- à l’attaque, le cabinet d’architecte Deshoulières Jeanneau, avant-centre redoutable, capable entre autres exploits de produire les plans d’un projet urbain à partir de photographies du site périmées depuis 10 ans, et d’enlaidir en trois coups de crayon un quartier historique centenaire pour le prochain millénaire.

- la défense en béton armé du E.T. Team, la Communauté Paris-Saclay elle-même, d’une discipline de fer, toujours aux ordres derrière le capitaine d’équipe GDL quand il est mis en difficulté.

- et tous ces joueurs d’exception, encore anonymes faute d’affichage du nom des entreprises sur le chantier, prêts à toutes les acrobaties pour déjouer les ruses de la raison urbanistique et la topographie de la Bourbillière, mais qui attendent leur heure pour se faire un nom !

L’ouverture du championnat, cette année, s’annonce décidément passionnante.

COMMUNIQUÉ n° 12 – 17 juin 2020

Aux arbres citoyens !

Lundi 15 juin, dans le quartier de la Bourbillière, le vaillant Collectif des 13 tilleuls organisait des assises citoyennes doublées d’un point d’information écologique pour prévenir les Palaisiens et leurs voisins (de Villebon, d’Orsay et d’ailleurs) du désastre environnemental dans lequel le maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE a résolu d’inscrire son second mandat.

Ce sont en tout près de 300 personnes de tous horizons qui se sont manifestées, à différentes heures, au fil d’une longue soirée, riche en initiatives et propositions. Retenons quelques faits marquants.

Georges FETERMAN, président de l’association A.R.B.R.E.S., s’est tout d’abord distingué en décernant au Maire de Palaiseau un magnifique « diplôme de reconnaissance du geste écologique le plus désastreux de l’année » pour sa fulgurante performance : être parvenu à abattre 13 tilleuls remarquables au sortir du déconfinement, grâce à la collaboration musclée de la Brigade Anti Criminalité. Du jamais vu, qui méritait récompense, et qui démontre aux sceptiques la stature nationale de notre édile parisien. L’assemblée bruissait d’ailleurs de rumeurs sur le fait que GDL décroche sous peu un secrétariat d’État, à l’écologie ou à l’Intérieur, nul ne savait, mais les paris allaient bon train.

Retenons ensuite une intervention remarquée d’Augustin BERQUE, orientaliste mondialement connu en même temps que refondateur de la mésologie ou « sciences des milieux », fait Chevalier de l’ordre du mérite par le ministère de l’Environnement en 1991 et lauréat du Prix international Cosmos en 2018. Palaisien de longue date, attaché aux bords de l’Yvette comme à la singularité des lieux où peuvent s’enraciner les hommes, il a pu mettre en perspective, sur la longue durée de l’histoire, le processus de bétonisation qui détruit l’esprit des lieux si puissamment incarné par les arbres remarquables. Polyglotte distingué, attentif au sens des mots comme au jeu sémantique qu’ils permettent, c’est avec un brin de malice qu’il a finalement suggéré de voir dans l’acronyme GDL « The Great Deceiver Lasteyrie »– le Grand Trompeur Lasteyrie – poussant même la chansonnette sur l’air du Great Pretender – le Grand Simulateur – succès mondial des Platters de l’année 1956.

L’ambiance était donc bon enfant, malgré les cœurs encore gros du massacre arboricole lasteyrien. Un peu partout, les slogans, fleurissaient : « Grégoire m’a tué » criait un arbre dessiné ; « Lasteyrie nous fais scier » plastronnait un pavé ; « Technocrate, mâche ta hache », ou encore « Grégoire de la scierie – transition écologique » conseillait le bitume, et aussi, pour faire bonne mesure, « Calme toi ! Prend une tisane ! ».

Hélas, hélas …, faute de tilleuls… plus de tisane ! Pendant que, sur les réseaux sociaux, la pétition en ligne des Amis de la Bourbillière dépassait les 500 signatures, la petite troupe de communiquants au service de GDL se fendait d’une missive poussive publiée sur sa page facebook, le présentant par un curieux renversement des choses comme une vierge effarouchée victime d’étranges persécutions. Et c’est ainsi que la soirée s’acheva par quelques francs éclats de rire.

COMMUNIQUÉ n° 11 – 16 juin 2020

Grégoire de LASTEYRIE 

ou la politique du déracinement

La sinistre épopée de l’abattage des 13 tilleuls a commencé le vendredi 12 juin dès 4 h du matin. Mais elle ne s’est pleinement achevée que le soir, vers 20 h, avec l’arrivée discrète de deux agents municipaux à bord d’un véhicule d’astreinte. En catimini, ils venaient arracher les banderoles et pancartes qui ornent depuis plusieurs semaines le quartier de La Bourbillière, en lutte contre l’ineptie environnementale que constitue l’actuel projet du C. R. I.

Passons sur la brutalité de l’action municipale, même si elle témoigne d’un nouvel accès de violence inquiétant de la part du Maire, forçant des agents municipaux à violer la propriété privée en arrachant des banderoles fixées aux façades des maisons. Interrogés peu avant par des riverains, ces agents ont déclaré qu’ils étaient là pour « faire ce qu’on leur avait demandé de faire ». Mais que leur demandait-on de faire au juste ? Tout assassin retourne sur les lieux du crime pour en effacer les traces quand il pense en avoir laissées. Il ne s’agissait donc rien moins, en balayant toutes ces paroles citoyennes demandant aux bûcherons d’arrêter leur bras, que de supprimer jusqu’au dernier souvenir des tilleuls mis à bas le matin-même, comme si leur seule coupe ne suffisait pas.

Les commanditaires de l’abattage n’avaient-ils pas déjà cherché à le dissimuler comme une maladie honteuse ? Rappelons que c’est à l’aube, à l’heure où ne blanchira définitivement plus la campagne dans le Palaiseau de béton dont rêve Grégoire de LASTEYRIE, derrière les grandes palissades de l’avenue de Stalingrad, protégées par un barrage chamarré de policiers de diverses unités, que l’on s’est efforcé de cacher le forfait. Las ! Les tilleuls étaient bien trop hauts, eux, et leurs craquements trop déchirants, pour ne pas alerter et remuer tous ceux qui assistèrent à la liquidation, en moins de 3 heures, des quelques 700 ans de vie qu’ils portaient à eux 13.

La volonté sournoise d’effacer toutes les traces du passé de ce site de façon à en rendre impossible l’histoire s’était déjà manifestée à la rentrée scolaire 2019. Là aussi, en catimini, la municipalité avait tenté, sans la moindre concertation, de débaptiser l’école Vaillant-Ferry, en l’amputant de celui de ces deux grands hommes qui rappelait par trop l’ancienne école Jules Ferry que l’on voulait déjà étouffer dans un C.R.I.

Une telle politique est anti-patrimoniale parce qu’elle détruit les choses et le vivant sur le lieu même où ils cohabitent, autant que parce qu’elle en efface les traces, sapant ainsi toute capacité d’enracinement indispensable à qui veut habiter un lieu. Les dizaines de mètres de racines de ces tilleuls avaient certes de quoi effrayer GDL, lui qui prétend recouvrir Palaiseau d’une architecture de surface aussi prétentieuse que déracinée et onéreuse. Il pourra bien sûr compter sur des alliés de poids : le temps qui passe, qui enterrera les anciens palaisiens et leur attachement obstiné au lieu, mais aussi les cohortes d’agents immobiliers qui sillonnent la Bourbillière, à la recherche du riverain-vendeur écoeuré par le saccage de son écosystème, et lassé des tentatives d’intimidations municipales.

Cela dit, GDL enterrera-t-il si facilement les générations de Palaisiens passées par l’école Jules Ferry entre 1933 et 2007, et tous ceux qui ont aimé le havre de verdure et de possibles qu’ouvrait cette belle cour … ? Comme l’enseignent les Anciens, il faut toujours se défier de la malemort : les morts ont une existence spectrale, et viennent hanter ceux qui les ont tués salement. Quoiqu’il advienne, le C.R.I, assis sur une hécatombe ne sera jamais qu’un CIMETIÈRE A RAYONNEMENT INTERCOMMUNAL, voué à psalmodier un bien sinistre De profundis… 


COMMUNIQUÉ n° 10 – 15 juin 2020

La « concertation » municipale 

en marche à Palaiseau

Le mercredi 10 juin en soirée, l’Association des Amis de la Bourbillière recevait un courriel de Quentin CRIGNON, Directeur de Cabinet du Maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE. Fidèle à sa politique de « concertation », GDL tendait en effet une perche à l’AALB pour venir « échanger », lundi 15 janvier après-midi, dans les locaux de la Communauté de Paris-Saclay, au sujet du fameux Conservatoire à Rayonnement Intercommunal (C.R.I.), ce projet phare de l’édile parisien qui suscite l’opprobre d’une part croissante des Palaisiens.

Interloqués par ce signe soudain d’ouverture au dialogue citoyen en même temps que de démocratie participative, les membres de l’AALB ainsi que les riverains alertés ont d’abord cru à un canular, ou qui sait, à une crise de schizophrénie municipale. Rappelons pour faire bonne mesure que, quelques heures plus tôt, l’ineffable GDL énonçait en plein conseil de la Communauté de Paris-Saclay la même rengaine qu’il ressasse depuis des mois pour défendre son indéfendable projet au mépris du bon sens, et auquel l’AALB a déjà répondu par le menu. Dans ces conditions, il était difficile de trouver une explication rationnelle à cette invitation.

C’est que l’arbre cachait une forêt : ni canular, ni schizophrénie, l’invitation à venir « échanger » à propos du C.R.I. procède pour qui sait lire la sémantique lasteyrienne des fondements mêmes de sa politique de « concertation ». Rappelons-en le paradigme orwellien : à mesure qu’on ne consulte personne, et qu’on décide seul, et si possible seul contre tous, il faut faire accroire l’inverse, savoir que le fait du prince est le produit d’une large concertation. Concertation, en idiome lasteyrien, veut donc dire avant tout : Ferme-là ! Raison pour laquelle peu après l’envoi de cette « invitation », le surlendemain au matin précisément, GDL envoyait la police et la B.A.C. contre les citoyens de Palaiseau pour faire couper les 13 tilleuls du Ferry dont l’abattage constituait précisément l’un des enjeux centraux de toute concertation.

Certains membres de l’AALB, curieux d’observer in vivo l’éthologie de cette nouvelle classe dirigeante, ont jugé bon de répondre favorablement à l’invitation qui, en tant que performance artistique, méritait dans tous les cas le détour : de l’avis de certains spécialistes, elle aurait même vocation à finir dans les annales du surréalisme.

Reste que, de manière attendue, notre réponse en date du vendredi 12 juin avant midi est restée lettre morte : nous y demandions en effet ce que la moindre des courtoisies requiert – mais qu’est, à Palaiseau, la courtoisie municipale devenue ? – à savoir la liste des participants à ces mystérieux « échanges », et surtout le contenu même de ces « échanges », compte tenu de ce que GDL avait quelques heures auparavant si bien manifesté sa propension au dialogue qu’il faisait abattre les 13 tilleuls de l’école Jules Ferry, sous haute protection policière.

Par cet assourdissant silence, nous pénétrons ainsi au cœur de la « concertation » Lasteyrienne : elle consiste à mettre en place des leurres, qui font croire au gibier que la démocratie sylvestre l’attend au tournant, quand il s’agit du fusil de chasse assisté d’une meute de chiens. Mais cette fois, le gibier, c’est vous.

COMMUNIQUÉ n° 9 – 12 juin 2020

Pour couper 13 tilleuls remarquables

Lasteyrie envoie les maîtres-chiens, la police et la B.A.C. !

Depuis ce matin, les 13 tilleuls remarquables ne sont plus. « L’écologie participative et d’action » lasteyrienne est passée par là. Elle vient de les transformer en planches à cercueil. Gageons que certaines seront récupérées par Grégoire de Lasteyrie pour bâtir l’estrade de la « grande conférence citoyenne de la transition écologique » qu’il appelle de ses vœux à Palaiseau même.

Pour mener son forfait, GDL s’est caché, opérant au petit matin, au mépris des lois du travail et de la réglementation municipale obligeant à produire une dérogation pour toute intervention publique à des heures indues.


Qu’à cela ne tienne, la loi et la réglementation n’engagent que ceux qui ont la naïveté de croire qu’elles s’appliquent à tous. GDL avait donc commencé dès avant-hier par faire dépêcher trois maîtres-chiens agressifs contre les Palaisiens venus manifester leur opposition pacifique à ce chantier aberrant, l’un de ces maîtres-chiens n’hésitant pas à démuseler le molosse.

Ce n’était pas suffisant. Aujourd’hui, GDL a fait quérir la police nationale qui a d’abord réveillé les riverains en patrouillant dès 3 heures du matin dans le quartier, avant d’implanter plusieurs unités, l’une en bas du Ferry, les autres en haut, dès 4 h 30. Alors que des renforts de la police nationale arrivaient pour bloquer la D117, ce fut au tour de la Brigade Anti Criminelle (la B.A.C. !) de débarquer sur les lieux, dans plusieurs voitures banalisées. Ce ne sont rien moins qu’une douzaine de véhicules, fourgon compris, et plus d’une cinquantaine de représentants des forces de l’ordre qui furent ainsi mobilisées pour tenir tête… à une trentaine de Palaisiens pacifiques dont des élus de l’opposition ! Ne manquaient guère à l’appel que le R.A.I.D. ou le G.I.G.N.

Leur mission ? Escorter un camion de bûcherons jusqu’à l’entrée du chantier le temps qu’ils coupent les 13 tilleuls.

La politique de « concertation » menée par GDL pour faire accepter son projet aberrant mérite on le voit d’entrer dans les annales de l’intelligence politique. Elle a si bien fonctionné que les riverains sont contre, les quatre listes de l’opposition sont contre, Dominique Poulain, l’introducteur de Grégoire de Lasteyrie en politique palaisienne et ancien adjoint à l’Urbanisme durable est contre, les plus proches collaborateurs de GDL murmurent tout bas qu’ils le trouvent idiot, une part grandissante des usagers du conservatoire qui se rendent compte que l’association ARPEGE les a grossièrement manipulés est contre, une part croissante des Palaisiens est contre. Une jolie performance.

Nous savions qu’avec son projet de conservatoire aberrant GDL dilapidait l’argent des Palaisiens et celui des habitants de la Communauté d’agglomération Paris-Saclay. Nous savons désormais que GDL n’hésite pas à gaspiller le temps et les forces de la police nationale pour boucler un quartier entier contre une sourde et terrible menace … les Palaisiens.

Au dire de ses collaborateurs, GDL a commencé son premier mandat en ne saluant pas les Palaisiens. Il a fallu lui faire remarquer qu’il était séant, pour un maire, de dire bonjour. Rien de moins. Aujourd’hui, GDL entame son second mandat, en leur envoyant la B.A.C. Jusqu’où GDL ira-t-il dans la « concertation » ? 

COMMUNIQUÉ n° 8 – 9 juin 2020

Au carrefour de l’Éléphant,

Grégoire de Lasteyrie trompe énormément !

 Dans un article de Thibault Faussarby publié en ligne le 8 juin[1] le Maire de Palaiseau Grégoire de Lasteyrie y va de sa Grosse Propagande !

L’affaire est en effet Kolossal ! A tel point qu’on peut se demander si les Palaisiens – dont certains ont dépassé les cent ans – n’auront pas souvenance de la subtile prosodie de Radio-Paris, sous l’Occupation. Si comparaison n’est pas raison, celle-ci mérite toutefois réflexion.

Que déclare en effet le parisien parachuté, entre deux roulades pour rétablir tant bien que mal son équilibre précaire ? « La semaine dernière, ils [les ouvriers travaillant sur le chantier] ont retrouvé des menaces de mort déposées anonymement sur le chantier, indique-t-il, choqué. La communauté d’agglomération du plateau de Saclay a déposé une plainte ».

Plus c’est gros, plus ça passe ! a dû penser GDL à propos du Ferry sis non loin du Carrefour de l’éléphant ! Prenons le temps de la réflexion : comment des riverains et d’autres Palaisiens de passage sensibilisés par ce chantier aberrant auraient-ils pu menacer les ouvriers, alors même qu’ils n’ont cessé de sympathiser avec eux depuis leur première apparition au Ferry ? Comment des riverains – qui sont eux aussi des travailleurs (infirmiers, artisans, enseignants, auto-entrepreneurs, intermittents du spectacle, etc.) et pour certains descendants d’ouvriers – auraient-ils pu menacer des ouvriers mandatés par le fait du prince pour détruire leur quartier ? GDL croît-il les Palaisiens assez idiots pour confondre le donneur d’ordre et ses exécutants ? Ou GDL prendrait-il les enfants du bon dieu pour des canards sauvages ? Autant de questions légitimes…

Par ailleurs, qui met en danger les ouvriers en les obligeant à travailler sur une Départementale (D117) en violation de toutes les réglementations de signalisation, obligeant lesdits ouvriers à jouer les agents de la circulation à la hussarde tout en apposant au sol des passages piétons de fortune 20 minutes avant la sortie de l’école ? Qui oblige les chefs de chantier à travailler à l’aveugle, en ne prévenant leurs sous-traitants et leurs ouvriers que la veille pour le lendemain, ou parfois même le matin même, tant les résistances suscitées par les techniques de « concertation » de GDL sont parvenues à dresser une part croissante de la population palaisienne contre ce chantier ? Du jamais vu, aux dires des professionnels dépêchés sur place !

Les riverains et une part croissante des Palaisiens n’en veulent pas aux ouvriers qui font leur travail. Ils en veulent au seul responsable de la catastrophe qui s’annonce, le Maire de Palaiseau, qui a décidé seul de cette gabegie. Non violents, ils lui souhaitent une promotion rapide vers un maroquin ministériel quelconque où son pouvoir de nuisance sera considérablement réduit à leur endroit.


[1] Thibautl Faussabry, « Essonne. A Palaiseau, un collectif d’habitants proteste contre l’abattage des 13 tilleuls », https://actu.fr/ile-de-france/palaiseau_91477/essonne-a-palaiseau-un-collectif-d-habitants-proteste-contre-l-abattage-de-13-tilleuls_34143701.html, 8 juin 2020.

COMMUNIQUÉ n° 7 – 8 juin 2020

What’s a Nimby ?

Mercredi 3 juin au matin, à l’occasion de la visite d’un expert mandaté par le Tribunal de Versailles en présence d’une représentante de la Mairie de Palaiseau et de l’architecte de la Communauté Paris-Saclay en charge de la réalisation du projet du nouveau conservatoire palaisien, les riverains du quartier de la Bourbillière ont découvert qu’ils étaient des « Nimby ».

L’architecte en question, Emmanuelle URSENBACH, les a en effet traités de « Nimby » sur un ton qui se voulait injurieux. Qu’est qu’un « Nimby » ? Un Not in my back yard » ou « pas dans mon jardin » : autrement dit un riverain qui conteste l’implantation d’un projet urbain dans son quartier. Ce qui nonobstant le ton injurieux nous a paru assez juste.

Que cache, en effet, ce nom d’oiseau anglo-saxon ? Un petit décodage socio-historique est ici nécessaire. Reprenons d’abord les coordonnées du problème avant de les inscrire dans leur séquence historique : un Parisien parachuté à Palaiseau pour y devenir maire décide seul du lieu d’implantation d’un projet d’intérêt public dont les Palaisiens ont un réel besoin depuis des lustres, mais dont les riverains du quartier de la Bourbillière ne veulent pas en cet endroit, parce qu’il serait destructeur pour le lieu autant que nocif pour les usagers du conservatoire et les Palaisiens en général, ceci alors même qu’il pourrait parfaitement être implanté à proximité, sans dommage pour personne. Le Maire qui n’a consulté personne passe outre et lance la machine : une multinationale débarque (Vinci) toute une équipe de gens extérieurs à la ville de Palaiseau qui n’entendent rien aux problèmes soulevés par les habitants du lieu et dont les intérêts particuliers ne sont pas inquiétés (car ils n’habitent pas là) veillent à la bonne marche du projet sans souci du lendemain.

Un Nimby n’est alors rien d’autre qu’un citoyen qui s’oppose à la destruction de son lieu de vie - qu’il soit hérité ou choisi - par la densification et le bétonnage des villes qui vont crescendo depuis une trentaine d’années. C’est le parent d’élève du groupe scolaire Morère qui voit l’école de ses parents débaptisée du jour au lendemain, c’est le riverain de la Bourbillière qu’on veut dépouiller de ses tilleuls avant de défigurer la façade art déco de l’école de ses grands-parents par un « concept » d’architecte parisien, c’est, dans l’îlot Tronchet, l’ancien du Foyer Drouillette privé de ses habitudes, ce sera bientôt le riverain de l’îlot Ferrié, et finalement le riverain de tous ces quartiers menacés des villes moyennes de France et de Navarre que les municipalités sacrifient pour rétablir leurs comptes déficitaires à grand coups de truelles.

Cette « politique de la ville » qui la détruit vite et bien est le plus sûr moyen d’achever de transformer les quelques lieux de vie à visage humain qui subsistent encore en agrégats de particules élémentaires désocialisées. Avec la mondialisation et la crise de la représentation nationale, les liens se distendent et la tension monte d’un cran : dans les équipes municipales, les gestionnaires extérieurs à la cité prennent le pouvoir aux dépens des habitants et s’entendent avec les grands groupes du bâtiment pour modifier irrémédiablement la structure même de cités antiques, médiévales ou modernes, accentuant la distance culturelle et sociale avec les résidents dont ils prétendent organiser la vie à l’échelle municipale. Arbitraire, autoritarisme, arrogance gestionnaires sont désormais les maîtres mots de la vie municipale aux dépens du respect de l’esprit des lieux et des gens du cru.

Le Nimby est majoritaire et conscient du bien commun. Héritier d’un cadre de vie, il transmet à ses enfants le monde de ses parents que les multinationales détruisent à coups de pelleteuse dans une ronde incessante de projets urbains au nom d’une croissance démesurée que les Anciens auraient appelée hybris. On peut, certes, l’appeler Nimby, mais au pays de Molière, on préférera parler d’une personne de bon sens.

Mercredi 3 juin au matin, à l’occasion de la visite d’un expert mandaté par le Tribunal de Versailles en présence d’une représentante de la Mairie de Palaiseau et de l’architecte de la Communauté Paris-Saclay en charge de la réalisation du projet du nouveau conservatoire palaisien, les riverains du quartier de la Bourbillière ont découvert qu’ils étaient des « Nimby ».

L’architecte en question, Emmanuelle URSENBACH, les a en effet traités de « Nimby » sur un ton qui se voulait injurieux. Qu’est qu’un « Nimby » ? Un Not in my back yard » ou « pas dans mon jardin » : autrement dit un riverain qui conteste l’implantation d’un projet urbain dans son quartier. Ce qui nonobstant le ton injurieux nous a paru assez juste.

Que cache, en effet, ce nom d’oiseau anglo-saxon ? Un petit décodage socio-historique est ici nécessaire. Reprenons d’abord les coordonnées du problème avant de les inscrire dans leur séquence historique : un Parisien parachuté à Palaiseau pour y devenir maire décide seul du lieu d’implantation d’un projet d’intérêt public dont les Palaisiens ont un réel besoin depuis des lustres, mais dont les riverains du quartier de la Bourbillière ne veulent pas en cet endroit, parce qu’il serait destructeur pour le lieu autant que nocif pour les usagers du conservatoire et les Palaisiens en général, ceci alors même qu’il pourrait parfaitement être implanté à proximité, sans dommage pour personne. Le Maire qui n’a consulté personne passe outre et lance la machine : une multinationale débarque (Vinci) toute une équipe de gens extérieurs à la ville de Palaiseau qui n’entendent rien aux problèmes soulevés par les habitants du lieu et dont les intérêts particuliers ne sont pas inquiétés (car ils n’habitent pas là) veillent à la bonne marche du projet sans souci du lendemain.

Un Nimby n’est alors rien d’autre qu’un citoyen qui s’oppose à la destruction de son lieu de vie - qu’il soit hérité ou choisi - par la densification et le bétonnage des villes qui vont crescendo depuis une trentaine d’années. C’est le parent d’élève du groupe scolaire Morère qui voit l’école de ses parents débaptisée du jour au lendemain, c’est le riverain de la Bourbillière qu’on veut dépouiller de ses tilleuls avant de défigurer la façade art déco de l’école de ses grands-parents par un « concept » d’architecte parisien, c’est, dans l’îlot Tronchet, l’ancien du Foyer Drouillette privé de ses habitudes, ce sera bientôt le riverain de l’îlot Ferrié, et finalement le riverain de tous ces quartiers menacés des villes moyennes de France et de Navarre que les municipalités sacrifient pour rétablir leurs comptes déficitaires à grand coups de truelles.

Cette « politique de la ville » qui la détruit vite et bien est le plus sûr moyen d’achever de transformer les quelques lieux de vie à visage humain qui subsistent encore en agrégats de particules élémentaires désocialisées. Avec la mondialisation et la crise de la représentation nationale, les liens se distendent et la tension monte d’un cran : dans les équipes municipales, les gestionnaires extérieurs à la cité prennent le pouvoir aux dépens des habitants et s’entendent avec les grands groupes du bâtiment pour modifier irrémédiablement la structure même de cités antiques, médiévales ou modernes, accentuant la distance culturelle et sociale avec les résidents dont ils prétendent organiser la vie à l’échelle municipale. Arbitraire, autoritarisme, arrogance gestionnaires sont désormais les maîtres mots de la vie municipale aux dépens du respect de l’esprit des lieux et des gens du cru.

Le Nimby est majoritaire et conscient du bien commun. Héritier d’un cadre de vie, il transmet à ses enfants le monde de ses parents que les multinationales détruisent à coups de pelleteuse dans une ronde incessante de projets urbains au nom d’une croissance démesurée que les Anciens auraient appelée hybris. On peut, certes, l’appeler Nimby, mais au pays de Molière, on préférera parler d’une personne de bon sens.


COMMUNIQUÉ n° 6 – 6 juin 2020

L’ancien adjoint à l’urbanisme de Palaiseau parle : le projet de nouveau conservatoire est

« une erreur manifeste » !

Dominique POULAIN, figure de la droite palaisienne, membre de l’équipe de Grégoire de LASTEYRIE depuis l’implantation de ce dernier à Palaiseau et ancien adjoint de ce dernier à l’Urbanisme durable déclare :

« Conservatoire : une erreur manifeste. M. le Maire m’a écarté à deux reprises du groupe de travail chargé d’étudier le projet du conservatoire à la Communauté Paris-Saclay. Nous avons découvert ce projet, abouti sans concertation : insuffisance de stationnement, suppression d’un espace vert en centre ville, circulation, etc. Un tel projet, nécessaire pour tous, ne peut se faire au préjudice des riverains. J’ai interpellé M. le Maire sur une modification du projet, qui impliquait une indemnisation de l’architecte. Ce conservatoire peut être implanté ailleurs. Même s’il en coûte à la commune, on investit pour 80 années et on peut encore corriger. M. le Maire n’a pas reçu mes arguments».

La déclaration de Dominique POULAIN confirme au-delà de l’imaginable ce que les habitants de la Bourbillière ont pu constater à leur niveau : le mot de « concertation » ne masque rien d’autre que l’arbitraire du Maire de Palaiseau, qui a décidé seul, et de manière parfaitement opaque, des multiples aberrations écologiques et urbanistiques qui caractérisent ce projet.

- « En haut », la « concertation » aura consisté tout d’abord à ne jamais saisir le conseil municipal de ce projet que les Palaisiens attendent depuis une trentaine d’années ! Puis à constituer un « groupe de travail » mystérieux, duquel Grégoire de LASTEYRIE exclura Dominique POULAIN, l’élu justement en charge des questions urbaines, dès lors que ce dernier pointera les incohérences du projet. Si bien que le service de l’Urbanisme durable n’aura pas vu passer le dossier du nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal !

- « En bas », la « concertation » s’est traduite par quelques réunions de conseils de quartier durant lesquelles le fait du prince fut présenté, sans aucune possibilité pour les riverains d’exposer leurs arguments face aux entraves systématiques des agents de la Mairie ; mais aussi par une campagne d’intimidation de Jean-Yves SIRE, Maire-adjoint ‘sport et culture’ envoyé manu militari auprès des riverains pour les menacer de livrer le quartier aux promoteurs immobiliers s’ils persistaient dans leur fronde ; et encore par une tentative d’instrumentalisation des usagers du conservatoire par le truchement de l’association Arpège (dont le bureau compte, de notoriété publique, de fidèles soutiens du Maire) allant jusqu’à menacer, à demi-mot, de monter lesdits usagers contre les riverains.

Le résultat de cette « concertation » témoignant d’un esprit résolument démocratique est aujourd’hui patent : les quatre listes d’opposition sont contre, une figure notable de la droite palaisienne et ses soutiens sont contre, les riverains sont contre, une part croissante des adhérents de l’actuel conservatoire est contre, et les soutiens à la pétition qui s’y oppose croissent à vue d’œil… La question n’est donc plus de savoir qui, à Palaiseau, s’oppose à la construction d’un nouveau conservatoire sur le site de l’ancienne école Jules Ferry, mais bien plutôt de savoir qui, parmi les personnes de la majorité comme de l’opposition ayant eu connaissance du dossier et de ses incohérences majeures, ne s’y oppose pas ? Le bon sens, en effet, n’a pas de parti.


COMMUNIQUÉ n° 5 – 3 juin 2020

La Communauté Paris-Saclay et la Mairie de Palaiseau dans l’illégalité : 

ils mettent en danger les Palaisiens

Hier, mardi 2 juin, la Communauté Paris-Saclay avait mandaté l’entreprise SPEPP Palissades et Panneaux pour monter une palissade de chantier à fleur de l’avenue Stalingrad (D 117), à Palaiseau. Il s’agissait de la palissade du chantier dédié à la destruction de l’école Jules Ferry, et à son remplacement par un Conservatoire à Rayonnement Intercommunal, fer de lance de la campagne électorale de Grégoire de LASTEYRIE et malheur annoncé des Palaisiens ainsi que de tous les usagers de la Départementale 117.

Contre tous les règlements en vigueur, AUCUN ARRÊTÉ MUNICIPAL affiché sur les lieux mêmes du chantier n’en avait averti les riverains, qui ont pu constater son absence tout au long du week-end prolongé précédant l’intervention, de même qu’aucun arrêté ne se trouvait affiché le matin même de l’intervention, comme ont pu le constater les Palaisiens qui, ulcérés par l’abattage à venir des 13 tilleuls de l’écoles Jules Ferry, veillaient sur place de très bonne heure.

Arnaud MARTIN, attaché à la Direction Patrimoine-Construction de la Communauté Paris-Saclay (CPS, mandataire des travaux), est alors venu sur les lieux. Interrogé sur l’absence manifeste de tout arrêté, il n’a pas été en mesure de le fournir. Mal à l’aise, il a ensuite tenté de mentir, en affirmant que l’arrêté avait été affiché le matin même, puis retiré. Malheureusement pour la CPS qu’il représente, il a pu d’autant moins convaincre son auditoire que celui-ci incluait des Palaisiens présents sur les lieux au petit matin, avant l’arrivée du personnel du chantier, et qu’ils n’avaient vu personne venir afficher « l’arrêté arlésienne » du Maire de Palaiseau. Arnaud MARTIN a alors tenté sans conviction un deuxième mensonge : l’arrêté avait été affiché … la veille. Mais patatras ! La veille, c’est une centaine de Palaisiens qui s’étaient retrouvés sur les lieux, presse comprise : même en faisant jouer la machine à remonter le temps, « l’arrêté-arlésienne » demeurait introuvable. Rien non plus d’affiché à la mairie, et pas davantage de constat d’huissier.

Alertés par cette nouvelle technique de communication – entamer des travaux potentiellement dangereux pour les Palaisiens et les usagers de la D117 sans les en avertir et sans prévoir aucune signalisation pour réguler les troubles de la circulation afférents – plusieurs élus palaisiens et de la Communauté Paris-Saclay se sont rendus sur les lieux pour constater l’absence de tout arrêté.

Entre-temps, c’est une mère de famille et sa poussette qui ont dû slalomer entre les projections d’étincelles de soudure ; c’est une camionnette de livraison qui a dû rester stationnée sur la D117 pendant une vingtaine de minutes pour effectuer sa livraison ; ce sont des dizaines et des dizaines de piétons qui ont dû slalomer entre les boulons, les fils électriques des visseuses, les planches et les tôles coupantes des palissades, posés pêle-mêle à même le sol. Ce sont aussi les ouvriers du chantier qui ont été mis en danger, contraints de travailler sur la chaussée au milieu des véhicules et à califourchon sur les palissades avec leur poste à souder projetant des étincelles au-dessus des voitures et des piétons (au nombre desquels des enfants, en raison de la proximité de l’école maternelle et élémentaire Vaillant-Ferry).

Mais le meilleur était à venir. Ce matin, « l’arrêté-arlésienne » est soudain apparu, fraîchement scotché sur un poteau extérieur au chantier. Affiché mais nullement appliqué : toute la signalisation qu’il impose d’installer aux alentours du chantier pour prévenir les riverains et les automobilistes avant l’érection des palissades était aux abonnés absents. Confrontée à l’irrégularité manifeste du chantier, l’architecte de la Communauté de Paris Saclay, Emmanuelle URSENBACH, dépêchée sur les lieux, s’est alors vue contrainte d’en appeler à sa hiérarchie pour faire interrompre le chantier en attendant de faire venir un huissier. Mais les « instances supérieures » de la Communauté Paris Saclay (CPS) ont refusé l’interruption d’un chantier si manifestement attentatoire à la sécurité des piétons palaisiens. Après quelques coups de téléphone, Arnaud MARTIN également présent fit marquer au sol deux passages piétons à la va-vite, 20 minutes avant la sortie des écoliers, en demandant à un des ouvriers de l’entreprise de faire la circulation, tandis que le second s’affairait du mieux qu’il pouvait à travailler à la hâte pour ne pas bloquer trop longtemps la circulation, alors que les riverains continuaient de passer parmi disqueuses, taules, planches et boulons.

De quoi dessiner un nouvel épisode des pieds nickelés… à suivre.

COMMUNIQUÉ n°4 – 2 juin 2020

À Palaiseau : Augustin Berque

au secours des tilleuls de l’école Jules Ferry

Dans le discours d’inauguration de sa seconde mandature, le Maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE exposait son projet « écologique ».

Tous les mots-clefs des sempiternels outils de communication étaient au rendez-vous : il n’était ainsi question que de « freiner l’urbanisation », de promouvoir une « transition écologique effective », d’« augmenter la part du végétal dans la commune » et d’organiser rien moins qu’une « grande conférence citoyenne de la transition écologique » pour une « écologie participative ».

La « participation » du Maire de Palaiseau ne s’est pas faite attendre puisque le surlendemain de son investiture les tronçonneuses débarquaient sans crier gare pour couper les 13 tilleuls remarquables de la cour de l’école Jules Ferry, futur emplacement d’un énième projet de densification et de bétonisation du centre de Palaiseau, en pleine période de nidification. Devant cette « participation » municipale foudroyante, des Palaisiens sont parvenus in extremis à repousser l’abattage des arbres par leur simple présence. Mais pour combien de temps ?

Est-ce en prévision de sa « grande conférence citoyenne de la transition écologique » et d’un nouveau tour de passe-passe sémantique (la guerre, c’est la paix ; couper des arbres, c’est de l’écologie) que GDL avait, en décembre 2019, présenté lui-même la projection d’un documentaire intitulé « Milieu », et dans lequel le philosophe, géographe et orientaliste de renom Augustin Berque, dit « le Nobel d’écologie », avait pu exposer les fondamentaux de la mésologie, sciences des milieux qu’il a contribué à refonder en profondeur tout au long de ses écrits ?

L’avenir le dira. Quoi qu’il en soit nous avons demandé à Monsieur Augustin Berque, qui s’est ensuite immédiatement rendu sur les lieux, ce qu’il pensait de la situation :

« Chers Concitoyens,

[…] Je ne connaissais pas cette affaire, mais je connaissais ces tilleuls. Au lu des documents joints, je ne peux que m'associer à votre mouvement, en ajoutant que d'un point de vue très général il faut toujours y regarder à deux fois avant d'abattre des arbres. Nous avons tant à apprendre de leur savoir-vivre !

Avec mes encouragements cordiaux,

Augustin Berque »

(Courriel à l’Association des Amis de la Bourbillière en date du 1er juin 2020).

Savoir vivre à Palaiseau, tout est là.

Les Amis de la Bourbillière

COMMUNIQUÉ n°3 – 2 juin 2020

Le Maire de Palaiseau 

trompe les lecteurs du Parisien


Dans un article du Parisien en date du 1er juin 2020[1], le Maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE interrogé sur son projet dévastateur consistant à défigurer l’ancienne école Jules Ferry pour y construire un nouveau conservatoire trompe énormément les lecteurs, ce quasiment à chaque phrase qu’il prononce.

Grégoire de Lasteyrie, maire (LR) de Palaiseau, rappelle de son côté que « la reconstruction du conservatoire est une nécessité depuis plus de 30 ans ».

Personne ne conteste ni n’a jamais contesté le fait connu de chaque palaisien que la ville a besoin d’un conservatoire digne de ce nom depuis des années. Là n’est pas le problème.

« En 2018, nous avons réussi à obtenir les financements de l'agglomération Paris-Saclay et de la région pour le reconstruire sur le site de l'ancienne école.

Sans aucune concertation quant au choix, aberrant, de cette implantation ; sans aucune étude préalable sur la faisabilité technique de cette implantation. Donc en dépit du bon sens.

Ce projet conserve et réhabilite l'architecture des bâtiments de l'époque, compense en doublant les plantations des quelques sujets qu'il faut malheureusement retirer. »

Ce projet :

a) dénature profondément l’architecture des bâtiments de l’époque au point de les rendre méconnaissables (il suffit de consulter les plans ou de passer devant le panneau sur lequel trône le visuel prévisionnel de la façade du bâtiment, avenue de Stalingrad, pour le constater) ;

b) abat 13 tilleuls remarquables âgés de trois quarts de siècle et les remplace par des arbrisseaux ridicules voués à péricliter rapidement au vu de leur implantation dans des jardinières de 20 cm de haut.

L'élu estime que « c'est une chance pour ce quartier que de voir un tel équipement naître là où d'autres villes font le choix de vendre ce type de parcelles à des promoteurs qui bétonnent allègrement.

Telle est effectivement la menace que les agents de la municipalité ont formulée en visitant le quartier pour briser la résistance de ses habitants : « attention, si vous persistez nous allons faire venir les promoteurs immobiliers » (visite de Jean-Yves SIRE en octobre 2019).

Et telle est bien la réalité des mandatures de Grégoire de LASTEYRIE : bétonnage et densification de la ville qui vont crescendo au détriment de la qualité de vie des habitants, les projets aberrants et agressifs à leur endroit se multipliant : opération Tronchet, bétonnage de l’îlot Ferrié … et bientôt bétonnage du Ferry.

Si je comprends les craintes des riverains, je peux les assurer qu'il y aura moins de nuisances dans ce nouveau conservatoire que celles qu'ils avaient à l'époque récente où l'école fonctionnait. »

GDL comprend très bien les craintes des riverains que n’importe quel enfant de 7 ans pourrait comprendre si l’on prenait la peine de lui expliquer les conséquences désastreuses de ce projet abracadabrant.

Pour le reste, GDL peut d’autant moins assurer quoi que ce soit qu’à l’époque récente où l’école Jules Ferry fonctionnait encore (2007), il ne connaissait pas la ville de Palaiseau. Le parisien GDL n’a été parachuté à Palaiseau qu’en 2014.

GDL, qui ne connaît rien au quartier, invente tout simplement : les anciens parents d’élèves et les anciens écoliers de Jules Ferry qui habitent encore aujourd’hui le quartier savent pertinemment que les 125 à 140 élèves de cette petite école de 5 classes de moins de 30 élèves accueillant les enfants du quartier, pour la plupart à pied, n’ont jamais provoqué de nuisances. C’est une élucubration de plus.

En revanche il est certain que les 1200 élèves du futur conservatoire à « vocation intercommunale » venant de tous les quartiers de Palaiseau, mais aussi des communes avoisinantes, avec des instruments de musique parfois encombrants et drainant un important public d'enfants... seront contraints d’utiliser la voiture. Comme ils le font déjà dans l’actuel Conservatoire de la rue Victor Hugo, ce qui a conduit Christine Alarcon, Directrice du Conservatoire de Palaiseau, à en appeler au sens civique des usagers du Conservatoire pour éviter les tensions très vives avec des « riverains excédés » (courriel de Christine ALARCON aux usagers du Conservatoire le 03/12/2019).

Au vu du gigantisme du projet et de sa situation inadaptée, on imagine sans peine à quel point non seulement les riverains du Ferry ne manqueront pas, eux aussi, d’être excédés, mais encore que le seront tous les usagers de l’avenue Stalingrad (D117), dont la circulation déjà saturée sera bouleversée par le projet. Les nuisances seront donc pour tout le monde : les riverains, les usagers du conservatoire, et tous les automobilistes qui empruntent cet axe départemental stratégique (Palaisiens et automobilistes des communes voisines).

Les Amis de la Bourbillière, 2 juin 2020.


[1] Cécile Chevallier avec Gérald Moruzzi, « Palaiseau : une centaine d’opposants à l’abattage de 13 tilleuls mobilisés dans le quartier de la Bourbillière », Le Parisien, 1er juin 2020.

http://www.leparisien.fr/essonne-91/palaiseau-une-...


COMMUNIQUÉ DU 28 MAI 2020

le déconfinement des tronçonneuses 

13 tilleuls en sursis

Mercredi 27 mai au matin la Communauté d’Agglomération Paris-Saclay (CAPS) a dépêché une équipe de bûcherons pour tronçonner les 13 tilleuls remarquables de la cour de l’ancienne école Jules Ferry en plein centre de Palaiseau (avenue de Stalingrad).

Aucun des riverains n’avait été prévenu de cette intervention alors que certains sont mitoyens du site. Mais spontanément la résistance à ce saccage s’est mise en place si bien que l’un des responsables techniques de la CAPS, Arnaud Martin (Patrimoine et Construction), dépêché en catastrophe sur les lieux, a jugé bon d’ajourner l’opération. Au fil de la journée, par petits groupes, c’est au total une centaine de Palaisiens avertis par les réseaux sociaux qui ont convergé vers les tilleuls pour manifester leur volonté de les sauver.

Mais le pire est à venir : la rumeur court la ville d’un bouclage complet du chantier de façon à faire revenir les tronçonneuses sous protection policière.

Ces arbres magnifiques âgés de 70 ans qui constituent le seul îlot de fraîcheur du quartier sont actuellement en pleine floraison et hébergent de nombreux oiseaux en phase de nidation. Poumon d’oxygène en cette période de confinement, ils ne demandent qu’à continuer à jouer leur rôle durant cet été qui s’annonce déjà caniculaire en cette période de réchauffement climatique.

Cette volonté d’abattage s’inscrit dans le cadre d’un projet dont le permis de construire a été validé par le Maire de Palaiseau, Grégoire de Lasteyrie, et qui a suscité depuis le début une très vive opposition (protestations en réunion publique, création d’une as

sociation de défense du patrimoine, pétition, articles de presse, manifestation…) à telle enseigne qu’il fait l’objet aujourd’hui de plusieurs recours.

La Mairie a eu l’outrecuidance de prétendre « remplacer » des arbres de 15 m de hauteur, et presque autant en profondeur racinaire, soit des géants de 25 m dont la magnificence s’explique par la présence d’une nappe d’eau souterraine à laquelle ils s’abreuvent, par de frêles arbrisseaux plantés serrés dans des jardinières de 20 cm de hauteur et qui périclitent déjà, assoiffés et asphyxiés.



COMMUNIQUÉ DU 7 MARS 2020

Manifestation contre la destruction 

du centre historique de Palaiseau


Une manifestation pour sauver l’ancienne école Jules Ferry,

 le quartier de la Bourbillière et le centre historique de Palaiseau

A l’appel de l’Association des Amis de la Bourbillière, s’est déroulée ce samedi une manifestation pour protester contre l’aberration patrimoniale, environnementale et logistique que constitue la décision municipale d’implanter le nouveau Conservatoire de musique (CRI) dans l’ancienne école Jules Ferry. Rappelons brièvement que ce projet a été élaboré sans la moindre concertation avec les riverains et qu’une telle implantation impliquerait la destruction d’un lieu de mémoire (abattage de 13 tilleuls centenaires, bétonnage d’un bel ensemble scolaire Art Déco, la fin du nom de l’école Jules Ferry au profit du dysharmonieux CRI), ainsi que la disparition d’un bel espace public central jouissant d’une vue magnifique sur les coteaux, et enfin créerait des problèmes énormes de stationnement et de circulation sur l’avenue de Stalingrad, axe de circulation central pour tous les Palaisiens et ceux qui fréquentent notre cité (voir sur ce point notre site : https://palaiseau-enperil.monsite-orange.fr/index.... tapez « palaiseau en peril » dans un moteur de recherche).

Par-delà la question du Ferry, les Amis de la Bourbillière entendaient aussi protester contre la dégradation en cours du centre ville de Palaiseau sous l’effet du bétonnage (après l’îlot Tronchet, l’îlot Ferrié et l’îlot Alexandre Néreau sont menacés), d’un marketing agressif qui tout en vantant « un cadre de vie qualitatif » expulse nos Anciens du foyer Drouillette et fait champignonner les panneaux Decaux qui rongent nos trottoirs sans rien apporter aux Palaisiens, de la vente des biens communaux palaisiens à des promoteurs immobiliers (comme ce fut le cas pour l’îlot Tronchet), de la densification programmée du centre-ville et de son asphyxie automobile…

Entre 11h30 et 12h30, dans une ambiance bonne enfant, se sont retrouvés des habitants du quartier de la Bourbillière mais aussi d’autres quartiers palaisiens, de tous les âges, enracinés à Palaiseau depuis des années, voire des générations ou bien fraîchement arrivés, des élèves du Conservatoire de musique… tous unis par la même volonté de vivre et d’œuvrer dans une ville qu’ils aiment et qu’ils ont choisi pour ce qu’elle est. La manifestation a également été rejointe par des membres de toutes les listes se présentant aux élections municipales de Palaiseau à l’exception de celle du Maire sortant, « 100% Palaiseau ». Un témoignage du fait que sur les questions du patrimoine, de l’environnement, d’un urbanisme à taille humaine et de la concertation citoyenne, peuvent exister des convergences.


La joyeuse colonne a déambulé entre l’ancienne école Jules Ferry et la Mairie avec sifflets, crécelles, tracts, slogans et panneaux sur lesquels on pouvait lire en tête de cortège : « Pas de CRI au Ferry », mais aussi « Bourbillière en colère - Quartier en danger », « A l’Eléphant, on nous trompe énormément », « Stop à l’hystérie du ciment », « Béton partout, beauté nulle part », « Lasteyrie, laisse béton »… Pour finir des photographies des panneaux et des manifestants ont été faites devant la Mairie et la permanence de Grégoire de Lasteyrie. Si l’accueil des passants, des commerçants et des automobilistes a été globalement très chaleureux, l’un des permanents de « 100% Palaiseau » faisant preuve d’une certaine agressivité a mis par terre les panneaux des manifestants placés devant la permanence de Grégoire de Lasteyrie.